Yvan PerrinS'il faudra attendre le verdict des délégués UDC, réunis samedi prochain à Stans, pour qu'elle soit officielle, l'élection à la vice-présidence de l'UDC suisse du conseiller national neuchâtelois Yvan Perrin ne fait plus de doute. Vendredi après-midi, le comité central de l'UDC entérinera l'unique candidature au poste laissé vacant par le départ de Jean Fattebert. Gilberte Demont, la coordinatrice romande de l'UDC, fera l'éloge de ce «brillant intellectuel à la modestie appréciable» devant l'assemblée. L'inspecteur de police de La Côte-aux-Fées explique ce qu'il entend faire de sa position.

Le Temps: - Vous voilà pratiquement intronisé vice-président romand, candidat unique. Qu'est-ce qui a joué en votre faveur?

Yvan Perrin: Le candidat idéal était Guy Parmelin, mais nous ne voulions pas qu'à un agriculteur vaudois succède un autre agriculteur vaudois, qui plus est alors qu'en 2008, si tout se déroule comme prévu, nous aurons encore un agriculteur vaudois (André Bugnon) à la présidence du Conseil national. D'autre part, Jean-François Rime aurait dû se décharger de ses mandats professionnels, et sa position favorable à la libre circulation aurait posé quelques problèmes de direction. Et avec Oskar (Freysinger, ndlr), il y a quelques petits soucis... Je suppose que j'étais le plus petit dénominateur commun.

- Vous ne vous départez pas de votre posture de modeste... Quel sera votre «programme» de vice-président?

- Le travail ne manquera pas: 2007, c'est vite là, et auparavant il y aura des élections cantonales. J'aimerais avant tout traduire le message alémanique du parti en français. Sur le fond, nous sommes d'accord, mais la forme nous a souvent prétérités. Des affiches qui passent bien en Argovie peuvent avoir un effet contre-productif à Lausanne, par exemple. La campagne sur Schengen nous l'a démontré. Ce rôle d'interprète va aussi dans l'autre sens. De manière générale, la prise en compte par le parti suisse de la sensibilité romande est meilleure qu'avant. Mais certains vieux réflexes perdurent, il y a encore beaucoup à améliorer. Si je n'y parviens pas, ma vice-présidence sera fugace. Je ne veux pas servir d'alibi.

- Y aurait-il au sein de l'UDC des thèmes «romands»?

-La nouvelle politique régionale est un bon exemple. Personne ne remet en cause la nécessité de revoir l'arrêté Bonny et la LIM, mais la position zurichoise, contre laquelle je suis en guerre ouverte, oublie que les conditions cadres ne sont pas les mêmes à Zurich et à La Brévine! On verra aussi comment s'articule le débat sur Swisscom.

- Comment concilier, dans des cantons comme Vaud, l'assise rurale et un meilleur ancrage urbain?

- Le problème est plutôt inverse: nous aurons sûrement des succès en milieu urbain, et nous ne devrons pas oublier notre électorat rural.