Dans le canton de Fribourg, l'année 2006 est placée sous le signe des élections. Sur le plan communal, le 5 mars, puis cantonal, le 5 novembre. Les esprits s'échauffent, les formations politiques fourbissent leurs armes. A l'image du Parti chrétien-social (PCS), qui veut s'afficher comme «une véritable alternative aux partis traditionnels». Le point avec sa vice-présidente, la députée au Grand Conseil Marie-Thérèse Weber-Gobet.

Le Temps: Le PCS se présente comme le parti qui cultive les «vraies valeurs». Les autres sont donc des menteurs?

Marie-Thérèse Weber-Gobet: Nous n'avons pas dit cela. C'est une question de priorité. Notre programme politique est fondé sur les principes de l'éthique chrétienne-sociale. Il met le bien-être humain au centre. Nous ne nions pas la nécessité de promouvoir une économie forte. Mais il s'agit de respecter la durabilité, le partenariat social, la famille. Le développement économique doit s'opérer au service de l'humanité, et non des actionnaires.

- Qu'est-ce qui différencie le PCS du PS?

- Comme les socialistes, le PCS se préoccupe avant tout des défavorisés, sans oublier la classe moyenne, mal lotie en terme de fiscalité, d'assurances maladie, de bourses d'étude... La différence est plutôt d'ordre spirituel. Personnellement, j'ai choisi ce parti en raison de ses liens avec la théologie chrétienne, qui fait réfléchir sur les notions de partage, de solidarité, de respect. Le genre humain, les personnes sont au cœur de nos préoccupations.

- Vous escomptez conserver vos neuf sièges au Grand Conseil, malgré la réduction du nombre de députés de 130 à 110. N'est-ce pas trop ambitieux?

- Je ne pense pas. L'évolution de la société va dans le sens de nos intérêts. Tout le monde n'est pas obnubilé par l'argent. Le public est en quête de valeurs sur lesquelles se reposer. A ce titre, nous avons de la substance à lui offrir.

- A part en Singine et en Ville de Fribourg, le PCS est peu présent dans le canton. Tentez-vous d'y remédier?

- Nous sommes aussi bien implantés dans l'agglomération fribourgeoise. Ailleurs, il est vrai que nous avons plus de difficulté, à l'instar de la Glâne, où le message simpliste de l'UDC nous a fait perdre des voix. Peut-être n'avons-nous pas été assez actifs pour conquérir notre place dans les autres districts.

- En faisant liste commune avec les deux autres petites formations de gauche, Ouverture et les Verts, pour les élections à l'exécutif de la Ville de Fribourg, vous avez de bonnes chances de décrocher un siège. Ne devriez-vous pas fusionner vos trois partis afin d'en faire un acteur incontournable de la scène politique fribourgeoise?

- Question intéressante. Nos positions sont effectivement proches, mais je pense néanmoins que nos particularismes sont trop importants. Le PCS a beau être sur la même longueur d'onde que les Verts, sa base chrétienne-sociale prime par-dessus tout.