Après les turbulences qui ont précédé et suivi le départ de Francis Sermet, la promotion économique neuchâteloise retrouvera-t-elle un peu de sérénité? C'est un des nombreux défis qui attend sa nouvelle directrice, Virginie Carniel, entrée en fonction lundi. Entretien.

Le Temps: Vous êtes actuellement à la tête d'une société de conseil en stratégie et management dans le secteur de la haute technologie. Garderez-vous cette activité en parallèle de la direction du Développement économique neuchâtelois (DEN)?

Virginie Carniel: En aucun cas. Mon entreprise sera dissoute et je ne siégerai dans aucun conseil d'administration. C'est incompatible avec mes nouvelles fonctions. Il ne faut pas mélanger les choses. Cela comporterait des risques évidents de collusion d'intérêts.

- La période difficile traversée à la fois par le DEN et le DEWS (ndlr: structure de prospection commune aux cantons de Neuchâtel, de Vaud, du Jura et du Valais) a-t-elle entraîné la perte de projets d'implantation?

- Comme je n'étais pas en poste, je ne suis pas au courant de tout. Pour le DEWS, je ne peux pas m'exprimer. Pour le DEN, la restructuration de ces derniers mois, avec la réunion des offices de promotion endogène et exogène, a réduit le nombre d'informations. Mais cela n'a pas eu un impact extrêmement négatif. Les choses ont suivi leur cour. Des entreprises ont continué à s'installer dans le canton.

- Quand communiquerez-vous les résultats du DEN pour l'exercice 2006?

- C'est encore un peu tôt pour répondre à cette question. Rien n'a encore été décidé à ce propos. Pour moi, la priorité est de fixer des objectifs clairs et de mettre en place des instruments de mesure adéquats.

A ce propos, je soutiens l'idée de mettre en place une façon de faire commune pour tous les partenaires du DEWS. On ne peut plus comparer des pommes et des poires comme on le fait aujourd'hui. La promotion économique a besoin de transparence.

- Quel regard portez-vous sur la réunion des services de promotion endogène et exogène, effective depuis le 1er janvier?

- C'est un sacré avantage par rapport au passé. Désormais en effet, une seule équipe traite l'ensemble d'un dossier, sans multiplier les allers et retours entre différents services. Cela offre un gain de transparence, un gain de temps et - ce n'est vraiment pas négligeable - cela permet de faire des économies d'échelle.

- Vous êtes la seule femme à occuper un tel poste en Suisse romande. Le percevez-vous comme un avantage?

- On m'a choisie en raison de mon profil, pas parce que je suis une femme. C'est le plus important. Cela dit, on reconnaît généralement aux femmes de l'entregent et un certain talent pour la communication. Dans ce sens-là, c'est peut-être un avantage.