L'Union des communes vaudoises (UCV) s'est choisi un nouveau président jeudi soir. Syndic d'Epalinges depuis 1993, Yvan Tardy est à la tête de l'association qui regroupe 353 des 378 communes du canton. Le radical succède à son collègue de parti Pierre Grandjean. Il prend les rênes de l'UCV en pleine crise avec le Conseil d'Etat, contre lequel elle a lancé un référendum: le gouvernement prévoyait de ponctionner les communes de 17 millions par an. Et cela alors que la nouvelle répartition des tâches Confédération-cantons-communes menace de mettre à mal les finances.

Le Temps: Durant la présidence de votre prédécesseur, l'UCV a connu une scission, avec le départ d'une quinzaine de communes notamment en Terre-Sainte...

Yvan Tardy: Un rapprochement sera l'une de mes priorités. Dans les mois qui viennent, et dans les prochaines années, nous aurons suffisamment de dossiers sur lesquels il faudra s'unir pour que nous nous rapprochions.

- Aujourd'hui, quels sont les rapports avec le Conseil d'Etat?

- Ils ont été totalement interrompus avec le lancement du référendum. Depuis, nous n'avons eu que des contacts personnels. Mais lors de notre dernière assemblée, Pascal Broulis nous a offert une hache de guerre pour que nous l'enterrions. Finalement, nous travaillons pour les mêmes citoyens. Nous sommes forcés de nous entendre.

- En lançant un référendum, les communes vaudoises se sont mises en position de force. Mais la future répartition des tâches (RPT) redonne l'initiative au canton, qui a le pouvoir de faire assumer aux communes une grande partie des coûts de la réforme...

- Il est un peu tôt pour en parler. Pour le moment, nous ne connaissons pas les chiffres. Il était d'abord question d'un bénéfice pour le canton de 40 millions, puis de quatre à cinq. Il est évident que les communes n'accepteraient pas d'avoir à payer les 115 millions prévus si l'opération est blanche pour le canton. Mais si la RPT se solde par un déficit pour l'Etat, nous serons compréhensifs.

- Un très grand nombre de communes semblent freiner les réformes institutionnelles dans le canton...

- Je suis prêt à favoriser les fusions de petites communes. Il est de plus en plus difficile de les gérer, notamment avec les exigences comptables auxquelles elles doivent se soumettre. La loi actuelle a un défaut: si une seule commune refuse un projet, il faut tout reprendre à zéro. Il faudrait au contraire que les communes qui l'ont accepté puissent s'unir, quitte à être rejointes ensuite.

- Selon vous, quelle est la taille idéale d'une commune?

- Question difficile, dont la réponse est forcément subjective. La moitié des communes vaudoises ont moins de 500 habitants. Pour elles, la situation devient de plus en plus difficile. Une simple canalisation à refaire peut devenir un problème insurmontable. Je pense qu'avec 500 habitants, une commune est trop petite.