Abstraction faite de la bataille sur le nombre de signatures pour les référendums, l’avant-projet contient une seule avancée des droits populaires. Il accorde le droit d’éligibilité communal aux étrangers, qui avaient déjà le droit de vote. Les constituants ont renoncé d’emblée à étendre ces droits au niveau cantonal, vu la forte opposition de la droite et du MCG. La proposition d’abaisser la majorité civique à 16 ans a vite été écartée également.

Le Grand Conseil reste de 100 membres, mais il faudra élire des députés suppléants, comme en Valais. C’est une façon de dire que le parlement de milice, qu’on ne veut pas remettre en cause, n’est plus suffisant pour assumer une charge qu’il faut répartir sur plus d’élus.

Le gouvernement cantonal doit se doter d’un(e) président(e) pour toute la législature, à l’exemple de Vaud et de Bâle-Ville. Le département présidentiel sera doté des relations extérieures, mais le Conseil d’Etat perd la liberté de composer les départements comme il l’entend, tout changement devant obtenir l’approbation du Grand Conseil.

Les sept membres de l’exécutif, rebaptisés ministres, à la jurassienne, devraient désormais être élus à la majorité absolue, lors d’une élection fixée le même jour que celle du parlement. Genève renonce ainsi à une particularité qui avait permis en son temps la composition du «gouvernement monocolore». Aujourd’hui, une fois élus au parlement, les conseillers d’Etat peuvent accéder au gouvernement avec 33% des suffrages seulement.

La législature sera étendue à cinq ans, selon la tendance observée dans plusieurs cantons.

Alors que la dette genevoise dépasse les 10 milliards de francs, la formule du frein à l’endettement est renforcée. Un budget déficitaire, qui requiert aujourd’hui la majorité absolue des députés, devra dorénavant recueillir une majorité qualifiée (3/5es) dès que l’endettement du canton excède 12% du produit cantonal brut.

La gauche ne veut pas de ce durcissement, tandis que la droite conteste la seule institution sociale nouvelle contenue dans l’avant-projet: un salaire parental à partir du 2e enfant, dont l’Etat doit encourager l’introduction. L’UDC est à l’origine de cette proposition, qui est soutenue par la gauche, mais dont les contours restent flous.