14 juin

De quoi la grève des femmes est-elle le nom?

La grève féministe du 14 juin est accompagnée, voire soutenue par des entreprises ou des administrations. Que devient alors son pouvoir de désorganisation?

«Donc, si j’ai bien compris, pour faire grève en Suisse, il faut prendre congé?» Notre interlocutrice, déléguée syndicale dans une entreprise française, n’en croit pas ses oreilles. On reprend son souffle, on réexplique, en entrant dans les détails: à 15h24, toutes les femmes de Suisse sont invitées à cesser de travailler pour marquer l’heure de la journée à partir de laquelle elles ne sont plus payées, selon les statistiques de la différence salariale entre hommes et femmes.

Certaines entreprises ont exclu une quelconque modification de la journée de travail habituelle, sous peine de sanctions, comme dans la vallée de Joux. A l’autre bout du spectre, la Ville de Genève donne congé toute la journée aux femmes qui feront grève, sans service minimum (sauf pour les tâches sécuritaires) – mais les hommes devront travailler.