Presse

«Le Quotidien Jurassien» fête ses 25 ans dans un climat difficile

La faillite de Publicitas entraîne une importante perte de revenus publicitaires pour le journal, né en 1993 de la fusion du «Pays» et du «Démocrate». Les festivités prévues ont dû être reportées

Le Quotidien Jurassien (QJ) célèbre vendredi son 25e anniversaire. Mais cet événement est assombri par la faillite de Publicitas. Pour le QJ, la perte de revenus publicitaires sera de l’ordre d’un million de francs. Le journal n’est toutefois pas en péril.

Lire aussi: Ancien géant, l’agence Publicitas dépose son bilan

«Ce préoccupant manque à gagner se produit alors que la presse écrite traverse une période difficile due à l’érosion constante de ses revenus publicitaires», écrit Le Quotidien Jurassien en une de l’édition de vendredi. Mais le titre jurassien entend relever ce défi en comptant sur ses abonnés et ses annonceurs.

Reste que le journal a dû prendre des mesures pour affronter ce coup du sort. Les festivités ont été annulées, du moins reportées. Durant quelques mois, le volume du journal sera resserré, plus spécialement pour la matière extérieure à la région. Une partie du personnel verra son temps de travail réduit.

La direction devra aussi trouver des solutions afin que l’entreprise dispose des liquidités nécessaires pour honorer ses engagements financiers durant le second semestre et payer les 130 employés des diverses sociétés. «Notre volonté est d’éviter de toucher à l’emploi et de réduire le contenu régional», écrit le QJ.

Le Quotidien Jurassien fait partie des titres de la presse suisse les plus touchés parce que Publicitas était sa régie publicitaire exclusive sur le plan local et national. Il ne dispose pas non plus de réserves de liquidités. D’autres titres de la presse régionale sont aussi touchés comme La Liberté, le Journal du Jura ou Arcinfo.

Favorable à une aide financière de l’Etat

Le journal estime que si la politique fédérale ne met pas tous les acteurs médiatiques sur un pied d’égalité en matière d’aide financière, la diversité de la presse risque de se réduire comme peau de chagrin. «Nous sommes favorables à une aide financière de l’Etat, qu’elle soit directe ou indirecte», a expliqué le rédacteur en chef du QJ Rémy Chételat.

Il relève que les télévisions et les radios, qui bénéficient de l’argent public de la redevance, font de la presse écrite en ligne, souvent offerte gratuitement au public. «Il n’y a pas de raison de faire cette différence», a ajouté Rémy Chételat, soulignant que tout le monde travaille sur les mêmes supports.

Fusion du «Pays» et du «Démocrate»

La première maquette du QJ, né de la fusion du Démocrate, publié à Delémont, et du Pays, de Porrentruy, est sortie de presse le 1er juin 1993 à 4h du matin. L’objectif de cette fusion était de permettre à la région jurassienne de conserver un journal économiquement fort.

Titre qui revendique son indépendance face aux partis politiques, aux mouvements religieux ou aux groupes de pression, Le Quotidien Jurassien a su résister à la concentration des titres, échappant à l’absorption par un grand groupe de presse.

Publicité