Récompense

Des rabais de primes maladie pour les assurés sportifs

Les caisses développent de nouvelles pratiques: par le biais d’incitations financières, elles cherchent à encourager l’activité physique des clients qui acceptent une surveillance électronique. La CSS vient de se lancer

Alors que la saison des hausses de primes d’assurance-maladie se rapproche, les assurances maladie proposent de nouveaux modèles permettant de faire légèrement et sous certaines conditions baisser la facture. Ainsi, s’ils acceptent une surveillance électronique du nombre de pas qu’ils effectuent chaque jour, les clients de la CSS, l’une des plus importantes caisse-maladie du pays en nombre d’assurés, peuvent recevoir un bonus. Selon la NZZ am Sonntag qui a consacré dimanche un volumineux dossier à ce sujet, l’idée de récompenser un mode de vie sain, ainsi que l’activité physique, en contrepartie d’une forme de contrôle, progresse parmi les assureurs.

Podomètre et smartphone

Selon le journal dominical, la CSS a lancé son programme il y a environ un mois et compte déjà 2500 participants. Un compteur de pas enregistre la marche quotidienne de celui ou celle qui le porteur; les données enregistrées sont transmises chaque soir, par smart phone, à l’assureur. Les valeureux qui effectuent plus de 10 000 pas quotidiens (soit environ six kilomètres) peuvent bénéficier d’un rabais allant jusqu’à un maximum de 146 francs par an; entre 7500 et 9999 pas, la somme est diminuée de moitié. L’offre s’adresse aux clients qui possèdent une complémentaire. Outre la marche, des activités comme la natation ou le vélo pourraient être prochainement encouragées.

Lire l'éditorial : Les assurances maladie et la prévention connectée

La CSS n’est pas la seule à promouvoir une telle démarche. En Suisse, Swica possède aussi un programme de bonus pour les amateurs de fitness, par exemple. Et en Allemagne, Generali a lancé un programme de cet ordre avec mesure du pouls, de la vitesse de jogging et des calories absorbées. L’assureur planche sur un modèle qui permettrait à terme de favoriser les assurés qui mangent sainement, via à un accord passé avec des commerces et grâce, là aussi, à une application chargée sur un téléphone mobile.

La NZZ am Sonntag pose bien sûr la question de la protection des données. La CSS assure que les indications qui lui arrivent ne peuvent être croisées avec d’autres en sa possession pour identifier, par exemple, des profils à risque.

Le modèle des conducteurs

Avant les caisses maladie, les assureurs automobile ont mis en place des systèmes de surveillance et de récompense des conducteurs prudents. Axa Winterthur propose par exemple une baisse de prime aux conducteurs de moins de 26 ans qui acceptent de poser dans leur voiture une sorte de boîte noire (un «Drive Recorder») qui enregistre les données, des manœuvres de freinage à la conduite dans les virages. L’ambition est de promouvoir la conduite plus sûre dans un groupe à risque, celui des jeunes conducteurs.

En ce qui concerne l’assurance maladie, l’offre incitative s’inscrit dans un contexte de hausse constante des coûts de la santé et donc des primes, qui fait foisonner les idées permettant d’en contenir la charge pour les ménages. Santésuisse, la principale faîtière des assureurs maladie, a annoncé le 12 juillet dernier qu’elle mise, pour 2017, sur une augmentation moyenne des primes de l’ordre de 4 à 5%; elles ont déjà cru de quelque 4% en moyenne ces deux dernières années. Cette prévision se fonde sur l’estimation d’une hausse des dépenses de santé de près de 3,5% en 2016. Selon les assureurs, «la croissance la plus forte devrait concerner les médicaments et les médecins en pratique privée.» Interrogé par Le Temps en juin dernier, le ministre vaudois de la santé, Pierre-Yves Maillard, avait pour sa part anticipé une hausse d’environ 5%, soit «un surcoût de 50 francs par mois pour un couple avec deux enfants».

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Le verdict sur le montant des primes moyennes tombera cet automne: les caisses avaient jusqu’à fin juillet pour calculer leurs primes et les transmettre à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour approbation; ce dernier les examine à la lumière des prévisions des coûts de la santé, des comparaisons entre assureurs et de leurs budgets.

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