Assainir avec des hausses d'impôts sans provoquer un référendum libéral. Dans le paysage politique vaudois du jour, cela revient à faire passer un chameau par le trou d'une aiguille.

L'exploit n'est pourtant pas tout à fait hors de la portée de Pascal Broulis. Sur la forme, le radical peut rappeler à ceux qui se sont adressés au Tribunal fédéral qu'ils contestaient un hold-up constitutionnel, mais pas le rééquilibrage des finances.

Sur le fond, il peut faire valoir qu'il assortit – dans son budget 2005 – l'augmentation de la pression fiscale de mesures d'économies deux fois supérieures. Il peut aussi s'appuyer sur le lancement, tant attendu, de ce réexamen des prestations publiques qui a fait ses preuves en Suisse alémanique.

Mais ce sont peut-être les circonstances qui sont le plus à même de le servir. Face à une gauche qui a trois jeunes et fringants représentants au Conseil d'Etat, le centre droit vaudois sait qu'il court tous les risques de perdre sa majorité gouvernementale s'il aborde l'échéance de 2007 en ordre dispersé.

Ce n'est pas par hasard que Pascal Broulis a fait hier un premier pas en affirmant se trouver «face à une crise des dépenses et non des revenus».

Doux aux libéraux, ce langage pourrait les convaincre d'avaler ces hausses fiscales limitées dans le temps, et d'amorcer un rapprochement.