Suisse

Le racisme envers les musulmans augmente

La Commission fédérale contre le racisme a rendu son rapport mardi. Ce dernier signale 239 cas de discrimination raciale en 2015. Il s'agissait surtout de manifestations hostiles à l'encontre des Noirs et des musulmans.

L’année 2015 a vu le nombre d’actes hostiles contre les musulmans augmenter de 11%, selon le rapport annuel de la Commission fédérale contre le racisme (CFR) publié mardi. Les incidents sont aussi en hausse dans la sphère privée.

Le rapport fait état de 239 cas de discrimination raciale. Un grand nombre d’entre eux (47) s’est produit sur le lieu de travail, une tendance à l’œuvre depuis plusieurs années. Après la xénophobie en général, c’est le racisme anti-Noirs qui a été le plus fréquemment signalé (60 incidents, en baisse de 7%), devant l’hostilité à l’égard des musulmans (53), selon les données rassemblées par humanrights.ch.

Les manifestations antisémites (12) et antibalkaniques (14) ont respectivement augmenté de 3% et 2%. Au total, ce sont 400 incidents qui ont été portés à la connaissance des 18 centres de conseil répartis sur le territoire suisse. Les 239 cas évoqués sont ceux pour lesquels les centres ont dispensé des conseils et qui relevaient effectivement, «selon leur appréciation», de discrimination raciale.

Les Africains forment la catégorie la plus discriminée

Il ne s’agit cependant que de la pointe de l’iceberg, le réseau ne comprenant qu’une petite partie des centres de conseils actifs à travers la Suisse, précise le rapport 2015 de la CFR. Et les victimes renoncent bien souvent à signaler un abus.

Par rapport à 2014, les discriminations ont augmenté de 13% dans la sphère privée et diminué de 5% dans l’espace public. Elles sont aussi en hausse au sein des organismes publics (+6%) et dans le secteur privé (+4%). Le plus grand nombre d’incidents recensés appartiennent à la catégorie «communication» (verbale et non verbale), qui regroupe les insultes, la calomnie et les menaces. Suivent les situations d’exclusion (inégalités de traitement et traitements dénigrants) et les actes de violence.

Bien qu’elles ne représentent qu’une petite partie de la population, les personnes d’origine africaine constituent la principale catégorie de victimes de discrimination ayant consulté l’un des centres du réseau, lit-on dans le rapport.

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