revue de presse

Radiau suisse romande, Taukyau

Georges Baumgartner, depuis le séisme au Japon, se trouve propulsé au firmament des stars médiatiques. Bien malgré lui

Georges Baumgartner, avec le séisme au Japon, se trouve propulsé au firmament des stars médiatiques (lire LT du 21.03.2011). Bien malgré lui.

«Depuis une dizaine de jours, l’incontournable correspondant de la Radio suisse romande à Tokyo», qui accompagne de son ineffable accent nippon les auditeurs depuis trois décennies, est aussi présent dans de nombreux médias comme LCI, France 2, iTélé , Radio France internationale , France Inter, dans Le Grand Journal de Canal + ou dans Le Soir de Bruxelles: «Pigiste, il se paie une tranche de gloire bien involontaire, tandis que le public romand découvre que sur les chaînes étrangères, il apparaît sous le pseudonyme de Frédéric Charles…» «Un seul correspondant, deux identités!» s’exclame Arrêt sur images à propos de cet homme au don d’ubiquité, qui est également «président du Foreign Correspondents Club of Japan (FCCJ), indique Swissinfo, le club de presse le plus prestigieux au monde avec le National Press Club (NPC) de Washington».

«Heureusement que Wikipédia est là», respire dans la foulée un blog du Nouvel Observateur. «Pour les petites choses, cette encyclopédie est imbattable: grâce à elle, j’ai pu percer la vraie nature de la nouvelle star du journalisme, Georges Baumgartner. Oui, c’est le nom selon Wikipédia du journaliste – suisse – qui est devenu omniprésent […]: Georges Baumgartner est correspondant de la télé suisse à Tokyo, mais également de Radio-Canada, de France 2, et semble-t-il de BFM (je ne l’y ai pas vu ou entendu, mais c’est Wikipédia qui l’écrit). C’est la vie normale du correspondant, depuis que les médias n’ont plus les moyens d’entretenir des ambassadeurs dans tous les pays: ils travaillent pour plusieurs journaux et cessent de dormir quand il se passe quelque chose sur leur territoire.»

En substance, c’est donc l’heure de gloire de ce journaliste pour le moins atypique – il la déteste, cette gloire – qui a été l’invité de Télérama et auquel L’Illustré a rendu un bel hommage la semaine dernière. Cité par France-Soir, il est aussi tout récemment passé chez Darius Rochebin dans son émission dominicale Pardonnez-moi sur la TSR. Et ce mardi, trois ans après une autre émission, Nouvo, Le Matin en brossait un joli portrait, après que Manuella Maury y eut aussi écrit une roborative chronique à lui consacrée. Ce Jurassien, précise-t-on, un «correspondant très typé» aux yeux du directeur de l’actualité à la RTS, Jean-Jacques Roth, fêtera ses 59 ans le 25 mars. Il «est né à Porrentruy, où il vécut une enfance «comme les autres». Son père dirigeait l’Imprimerie Le Pays, qui éditait le quotidien éponyme fusionné avec Le Démocrate en 1993 pour donner naissance au Quotidien jurassien.»

On l’a longuement vu dans le dernier Infrarouge de la TSR (repris par TV5Monde) sur le séisme au Japon, le tsunami qui s’ensuivit et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima. Le quotidien lausannois écrit encore que «cette fragilité assumée, cette fêlure existentielle ou cette symbiose avec une culture qui prône «la frugalité, l’ascétisme et la réserve», rendent Georges Baumgartner sympathique et crédible aux yeux de nombreux téléspectateurs. Il transmet l’émotion «vraie» plutôt que l’objectivité du journaliste. Au soir de la catastrophe, évoquant des clients dans un magasin Swatch de Tokyo, il se demandait comment on pouvait «s’acheter une montre après une frayeur pareille.» Sur ce «ton légèrement voilé», avec «des phrases d’une sobriété qui impose le respect. Et ce curieux accent», décrit Rue89.

Oui, même «grave, tendu», selon les mots de L’Express/L’Impartial, Georges Baumgartner a la cote. Depuis quelques mois, d’ailleurs, beaucoup se réunissent sur Facebook pour honorer le journaliste sous la phrase désormais culte: «Georges Baumgartner, Radio suisse romande, Tokyo», leitmotiv que répercutent aussi la Tribune de Genève et 24 Heures. Le correspondant a même son T-shirt, bien visible sur une photographie postée sur Flickr. «C’est l’équipe branchouille de Graphein qui en a eu l’idée. Un modèle simple, une phrase choc. Bref, le succès assuré.» Et une version nouvelle, en idéogrammes nippons, disponible depuis aujourd’hui et dont «tous les bénéfices seront reversés à la Chaîne du bonheur pour venir en aide à ceux qui ont tout perdu suite au séisme.»

«Fondue, la Suisse?» du Figaro, on lit enfin que «depuis le drame, les téléspectateurs romands ont […] redécouvert le professionnalisme et l’humanisme de ce journaliste, passionné de son sujet, qui parle parfaitement le japonais. Il expliquait récemment sur les ondes de France Inter «l’humilité, la révérence des Japonais». «Je ne dors plus, ou presque. Je veux exprimer le plus possible ce que les Japonais pensent, leurs craintes, leurs espoirs et leur analyse de la situation.» Dans un autre témoignage, il précise qu’il ne partira pas du Japon malgré les risques de contamination, car il y a tous ses amis, son entourage, sa vie.» Plus nipponisé, tu meurs.

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