Peter Tschopp est resté huit ans sous la coupole fédérale, de 1991 à 1999. Bâlois d’origine, il a milité au sein du Parti radical pour l’ouverture aux femmes et à l’Europe. C’était aussi un universitaire, ancien doyen de la faculté des sciences économiques et sociales, qui s’est battu pour l’Institut universitaire de Hautes études internationales qu’il a dirigé. La mort de Peter Tschopp pourrait être due aux suites d’une piqûre de guêpe, selon la Tribune de Genève. Cette information reste à confirmer. La mort remonterait à samedi dernier.

Les titres des articles et interviews qui lui ont été consacrés dans le Journal de Genève puis dans Le Temps montrent l’homme parfois peu conventionnel qu’il pouvait être: Dans «Envoyez les économistes dans le cambouis» (02.06.1988), Peter Tschopp explique comment il veut donner aux économistes des cours de technologie et aux ingénieurs des notions d’économie. Dans «Peter Tschopp veut réveiller les Suisses!» (17.05.1986), le Journal de Genève fait le compte-rendu du livre de Peter Tschopp «Quelle Suisse pour demain», dans lequel il appelle le pays à mettre en place un projet collectif. Enfin l’article «Peter Tschopp contre les vaches sacrées » (13.11.1991) est le compte-rendu d’une conférence de l’économiste et tout nouveau conseiller national, où il revient sur les adaptations nécessaires que doit concéder la Suisse pour trouver sa place dans l’Europe et l’espace économique européen.

La membre de l’Assemblée constituante et ancienne et conseillère aux Etats Françoise Saudan lui a rendu hommage ce matin sur les ondes de la RSR: «C’était un homme extrêmement ouvert, je suis bouleversée», a dit la Genevoise. Cette dernière affirme que c’est Peter Tschopp qui l’a fait entrer au Parti radical, qu’elle s’est sentie très proche de lui et qu’il lui a beaucoup apporté à Berne.

En mai 1999 lorsqu’il a quitté la Coupole fédérale, le Genevois avait justifié sa décision de ne pas se représenter par l’incompatibilité de mener de front une carrière politique à Berne et la direction de l’Institut des Hautes études internationales, à Genève.

Il avait alors déclaré que l’incapacité de la vie politique majoritaire en Suisse d’accepter le monde tel qu’il est et de s’ouvrir sur l’extérieur avait pesé de plus en plus sur lui. Le radical, qui comptait parmi les poids lourds du Parlement, était aussi partisan d’une fusion des partis bourgeois pour contrer l’émergence de l’UDC et du populisme de gauche.

Le Conseil d’Etat radical François Longchamp, à la tête du Département de la solidarité et de l’emploi, s’est, lui aussi, déclaré très triste. «J’ai encore mangé avec lui mardi dernier, il était en belle forme», a-t-il indiqué à l’ATS.

Pour François Longchamp, Peter Tschopp était un visionnaire. Il avait notamment effectué des analyses très fines sur le vieillissement de la population et ses conséquences sur les assurances sociales. Il s’était beaucoup impliqué dans les débats de société et était ouvert sur l’Europe.

Jean-Dominique Vassalli, recteur de l’Université de Genève, s’est dit très frappé, comme d’autres membres de l’alma mater, par la disparition de Peter Tschopp car il était encore très actif. Le recteur a également relevé l’ouverture, la disponibilité, l’écoute et la chaleur humaine de l’ex-doyen de la Faculté de sciences économiques et sociales.

Au niveau académique, Peter Tschopp a développé la notion de politique économique au service de la cité, a précisé Jean-Dominique Vassalli. Il s’est aussi engagé, d’abord en tant que doyen de la Faculté des sciences économiques et sociales, puis en dirigeant l’Institut universitaire de Hautes études internationales de Genève.