le photovoltaïqueLe Temps: Y a-t-il un engouement réel des agriculteurs pour produire du courant solaire?

Jacques Bourgeois: Nous connaîtrons prochainement les chiffres, qui devraient confirmer l'engouement que je ressens. En tout cas, il y a énormément d'exploitants qui étudient la faisabilité.

- Après les biocarburants, le solaire. Les paysans donnent l'impression de sauter sur tout ce qui bouge...

- Les paysans continueront en premier lieu de se concentrer sur la production alimentaire de qualité. Néanmoins, ils doivent étudier toutes les possibilités de diversification. En matière de biocarburants, la Suisse va axer sa production sur la «deuxième génération», soit des matières premières non vivrières. Dans ce contexte, il faut laisser la porte ouverte au bois, un débouché possible. Le courant est un autre créneau. Les surfaces de toiture des exploitations agricoles sont telles que le potentiel est incontestable. Et le Conseil fédéral n'a-t-il pas fait de l'assainissement des bâtiments un des piliers de sa politique énergétique? Cela dit, vu les investissements qu'il faut consentir au départ, chacun doit analyser sérieusement la situation. Je ne pense pas qu'il y aura des ratés. Car les paysans sont par nature des entrepreneurs: s'ils investissent, c'est qu'ils sont sûrs de leur coup. Qu'ils ont des acheteurs.

- Vous voulez accroître l'aide allouée au solaire. Pas sûr que votre parti, le PRD, vous suive...

- Les radicaux font une analyse globale dans le domaine de l'électricité. A moyen terme, face aux lacunes qui s'annoncent, les renouvelables ne permettront pas de couvrir tous nos besoins. De grandes centrales seront nécessaires, de même que des progrès en matière d'efficacité énergétique. Pourtant, le PRD veut soutenir les renouvelables. Mais à travers des mécanismes fiscaux plutôt qu'au travers de ponctions. Cela dit, notamment sur le solaire, il se pose une question de fond: est-on prêt à investir dans l'avenir? Sur ce point, il est vrai que les radicaux vont au-devant d'un débat corsé à l'interne.