Le transfert de la libérale Violaine Barrelet dans l'équipe des candidats radicaux pour l'élection au Grand Conseil le 8 avril ne se fera pas. Au printemps de l'an dernier, alors qu'elle était conseillère à l'exécutif de la ville depuis quatre ans, son parti l'avait priée de ne pas briguer un nouveau mandat. Toujours députée libérale au parlement cantonal, elle projetait de figurer sur les listes radicales pour la prochaine élection. La section de Neuchâtel avait accepté son offre, mais le comité du district de Neuchâtel, qui comprend neuf communes en plus de la ville, l'a refusée samedi.

«Les radicaux sont nos cousins en politique. Je me suis toujours située à la gauche du Parti libéral et je me sentirais à l'aise chez les radicaux», expliquait Violaine Barrelet samedi dans Le Temps. Elle ajoutait ne pas agir par vengeance bien que son parti lui ait «pratiquement interdit» de se mettre en liste pour les communales. «Je ne pouvais pas me résoudre à abandonner la politique», confiait cette femme qui fut médecin et conseillère au législatif avant de siéger à l'exécutif de la ville sans donner le sentiment de maîtriser ses dossiers.

C'est après son éviction qu'elle a adhéré au Parti radical avec l'intention de se porter candidate pour le Grand Conseil. Président de la section de la ville, Philippe Haeberli n'y a pas vu d'inconvénient. «Elle n'avait pas de casserole et elle pouvait encore compter sur un bon soutien dans la population.» Mais le comité cantonal n'a pas apprécié ce transfert qui frise le ridicule. Samedi, aux Geneveys-sur-Coffrane, après la réunion des candidats radicaux pour le Grand Conseil, Violaine Barrelet a été exécutée en son absence par 7 voix contre 4 sur les 18 candidats du district de Neuchâtel qui n'étaient pas tous présents.

Pour animer cette discussion, la présidente cantonale, Huguette Tschoumy, avait battu le rappel de Michèle Berger-Wildhaber, conseillère aux Etats, et de Thierry Béguin, conseiller d'Etat. Ces personnalités font la pluie et le beau temps chez les radicaux neuchâtelois. Et elles n'étaient pas favorables à la candidature de Violaine Barrelet. Travaillés au corps dans les jours qui ont précédé cette séance, les radicaux du district ont compris le message et ils ont voté contre le choix de la section de la ville.

Le communiqué publié dimanche après-midi par Damien Cottier, président de district, explique que la candidature de Violaine Barrelet, deux jours avant de boucler les listes pour le Grand Conseil – elles seront déposées ce matin à la Chancellerie – «aurait pu être envisageable pour «un inconnu», mais malheureusement pas pour Mme Barrelet. Nous aurions souhaité que celle-ci prenne peut-être le temps de respirer entre sa «déconvenue» libérale et son adhésion au Parti radical».

En outre, précise cruellement Damien Cottier, «Mme Barrelet reste toujours une élue libérale sur les bancs du Grand Conseil jusqu'au 8 avril.» Il ajoute que «si les libéraux sont nos «cousins», ils ne sont pas pour autant des radicaux. Pas plus que nous ne sommes des libéraux. Dans le cas contraire, nous aurions certainement fusionné depuis belle lurette»…