Le groupe libéral-radical a décidé - au terme d'une «discussion riche et franche» à en croire sa cheffe Gabi Huber - de soutenir la candidature d'Ueli Maurer au Conseil fédéral, par 37 voix avec une poignée d'abstentions. Les radicaux auront donc été les premiers à auditionner le candidat «numéro deux» de l'UDC, selon la terminologie démocrate du centre.

Plus tôt dans la journée, le groupe, qui totalise 47 membres, avait également reçu Christoph Blocher. Non pas pour l'auditionner, avait prévenu Gabi Huber, mais pour lui dire son fait. Comme prévu, l'Uranaise a ainsi expliqué à l'ex-conseiller fédéral qu'un ministre non réélu n'est plus éligible par l'Assemblée fédérale. L'exercice n'aura pris que quelques minutes. Christoph Blocher est très rapidement ressorti de la salle en reprochant aux radicaux de l'avoir invité pour une «audition», alors qu'il s'agissait juste de lui faire savoir qu'ils ne l'éliraient pas.

Le traitement réservé à Ueli Maurer a été bien différent. «Il a répondu à toutes nos questions de manière satisfaisante», a souligné Gabi Huber. «Particulièrement à celles touchant à la concordance: Ueli Maurer s'est montré clairement favorable au principe de collégialité.» L'ancien président du parti, qui s'est également exprimé sur les thèmes du rapport de confiance, de la politique de sécurité, de l'initiative contre les minarets et sur ses éventuels collaborateurs personnels, «a fait un effort d'ouverture, d'honnêteté et de clarté», souligne encore un membre du groupe. «En définitive, il défend ses idées, mais il a assuré faire la différence entre ses opinions personnelles et la position majoritaire à défendre au sein du Conseil fédéral.»

Ueli Maurer pourra-t-il dès lors compter sur la totalité des radicaux-libéraux le 10 décembre prochain? Si Gabi Huber a répété hier que son groupe, attaché à la concordance, avait «voté pour Christoph Blocher» le 12 décembre 2007, une quinzaine de radicaux n'avaient alors, rappelons-le, pas donné leur voix au Zurichois. Des surprises ne sont ainsi pas à exclure.

Ueli Maurer lui-même d'ailleurs, se montrait prudent après son audition. A-t-il rassuré les radicaux? «Je pense que des doutes subsistent chez certains d'entre eux», a-t-il répondu, tout en estimant «justifié» que les autres partis procèdent à un examen approfondi des candidats au Conseil fédéral. «Je crois, a ajouté le conseiller national zurichois, que ce qui préoccupe le plus les radicaux, est de savoir s'il est possible de passer du rôle de président de parti assez agressif durant douze ans, à celui de membre du gouvernement. C'est là une question centrale. J'ai répondu que oui, sinon cette élection n'a pas de sens.»

Et si Ueli Maurer a encore regretté le traitement réservé par le groupe libéral-radical à Christoph Blocher, il a clairement affirmé, à un journaliste qui lui posait la question: «Oui, je suis le numéro deux.»

Mardi prochain, ce sera au tour des socialistes et du PDC d'auditionner Ueli Maurer. Les premiers ont également invité le candidat Vert Luc Recordon à leur séance. Quant au groupe démocrate-chrétien, qui compte également les Verts libéraux et le Parti évangélique, il auditionnera uniquement «les deux candidats désignés par l'UDC». Tout en soulignant, dans un communiqué, qu'au sein du groupe «des réserves ont été émises à propos des candidatures présentées par l'UDC». Lundi soir, les PDC latins avaient déjà débattu de la question. Selon un élu, le malaise était palpable lors de cette séance, où se sont opposés «le cœur et la raison».