La politique de sécurité est un thème sur lequel les radicaux sont relativement unis dans la défense de thèses plutôt originales. Ne serait-ce qu'à ce seul titre, il méritait donc une attention particulière. Le groupe radical aux Chambres fédérales a mis depuis l'automne dernier un accent particulier sur la question et choisi d'en faire un chapitre spécifique, le septième, de son programme de législature, qu'il a adopté mardi. Au cours d'un séminaire tenu à fin janvier, le groupe avait auditionné plusieurs spécialistes sur la sécurité militaire, le service de renseignement et l'évolution de la menace. Mardi, il a discuté de la meilleure façon d'assurer une cohérence entre sa volonté d'assurer une plus grande stabilité financière à l'armée d'un côté et de soutenir de l'autre le programme d'allégement en tendant vers l'équilibre budgétaire.

Interpellation

Il est nécessaire, relève notamment le Neuchâtelois Didier Burkhalter, que l'armée puisse compter sur une certaine stabilité dans ses ressources financières – ce qui n'est plus garanti, comme le montrent les dernières tribulations du programme d'armement –, une sorte de plancher en dessous duquel son budget annuel ne pourrait pas descendre. Mais le groupe radical doit aussi se montrer crédible et cohérent dans le soutien au programme d'allégement. A cet effet, il se prononce pour des investissements militaires considérés sur une base pluriannuelle, dans le cadre d'une réflexion globale qui ne ferait plus de distinction entre les investissements du programme d'armement et ceux destinés à l'immobilier militaire. Ces propositions avaient déjà été formulées dans le cadre d'une interpellation déposée le 1er décembre dernier au Conseil national. Celle-ci demande entre autres au Conseil fédéral s'il existe des dispositions légales ou réglementaires qui s'opposeraient au passage à un crédit pluriannuel pour l'armée.

La proposition de certains milieux radicaux, relayée mardi par le Blick, de former moins de recrues et d'économiser 250 millions supplémentaires dans le budget militaire s'inscrit-elle dans le cadre de cette réflexion globale? La réponse du parti démontre que les radicaux ont également investi dans le maniement de la litote. Il s'agit de «tactiques développées de façon non coordonnée, qui traduisent des préoccupations strictement financières déconnectées des autres dossiers». On précisera que la proposition en question est attribuée à la présidente par intérim jusqu'à samedi dernier, Marianne Kleiner.