Bien loin de l’agitation genevoise, les Vaudois sont fidèles à eux-mêmes. Ils font semblant de ne pas en être mais n’en perdent pas une miette. Depuis l’annonce de la démission de Pascal Couchepin, les papables vaudois du camp radical ont adopté la stratégie du silence. On observe la foule de candidats pseudo-déclarés se chamailler sur leur âge, leur langue, leur «radicalité» ou sur leur appartenance cantonale. On observe aussi l’impénétrable stratégie du président radical, Fulvio Pelli.

Quatre papables

Une stratégie qui, pour l’instant, profite à Pascal Broulis, épargné par les critiques des commentateurs. Le président du gouvernement vaudois est en réalité le seul – sauf grosse surprise – à être officieusement en lice pour devenir le candidat vaudois à la succession de Pascal Couchepin.

Pour preuve, son parti réfléchit déjà aux conséquences d’un éventuel retour vaudois au Conseil fédéral, onze ans après le départ de Jean-Pascal Delamuraz. Car si Pascal Broulis devait être élu, le Conseil d’Etat serait décapité puisqu’il perdrait son président, élu pour cinq ans. Une élection complémentaire devrait avoir lieu dans les plus brefs délais.

Les radicaux s’y préparent mentalement. Quatre noms circulent pour succéder à l’élu de Sainte-Croix: le député Olivier Feller, la conseillère nationale Isabelle Moret, le conseiller national et municipal lausannois Olivier Français et le député – chef du groupe radical – Frédéric Borloz.

Pas de surprise, le réservoir du parti n’est pas extensible. Ainsi, on retrouve deux noms déjà cités comme papables pour une candidature au Conseil fédéral, Olivier Français et Isabelle Moret. Cette dernière, 38 ans et vice-présidente du parti suisse, est toutefois surtout tournée vers la Berne fédérale et une candidature pour occuper une place au Château cantonal la détournerait de ses ambitions nationales.

L’autre conseiller national, Olivier Français, est dans une tout autre situation. Agé de 53 ans, il a déjà bientôt accumulé une décennie au sein de l’exécutif de la capitale vaudoise. Ingénieur de formation, il s’y est taillé un costume à sa taille, devenant l’incontournable Monsieur Travaux et M2. Ultra-minoritaire à la municipalité, on dit qu’il serait très intéressé par le Château. Il avait d’ailleurs participé aux primaires du parti vaudois pour les cantonales de 2007, primaires qui avaient révélé Jacqueline de Quattro. A noter que s’il devait aller au Conseil d’Etat, son départ provoquerait une élection complémentaire à Lausanne…

Olivier Feller, 35 ans, est aussi un candidat naturel du parti. Jadis benjamin du parlement vaudois à 24 ans, son nom a déjà été cité en 2006 pour les élections cantonales de l’année suivante mais le député de Genolier s’était rallié derrière la candidature de Jacqueline de Quattro. Il échoua par la suite dans ses tentatives de prendre les rênes du Parti radical mais continue à être un élu remuant du parlement.

Frédéric Borloz est syndic d’Aigle et chef de file de son parti au Grand Conseil. C’est un proche de Pascal Broulis, qui pourrait en faire son poulain.