«Les entreprises sont intéressées à avoir des femmes qui travaillent sans soucis, des femmes qui savent que leurs enfants sont bien gardés.» Christa Calpini est la présidente de l'Association des femmes radicales vaudoises. C'est notamment elle, avec le concours des femmes libérales, qui planche sur le texte d'une future initiative populaire qui pourrait être lancée cet automne par le Parti radical vaudois.

Le texte est actuellement en préparation, mais Christa Calpini ne cache pas qu'il sera sans doute proche de l'intitiative dite «pour un encadrement continu des écoliers jusqu'à 15 ans» qui demande une prise en charge de 7h30 à 18h et qui a été lancée à Genève, également par le Parti radical. Le Conseil d'Etat genevois vient d'ailleurs de valider l'initiative en affirmant «partager la préoccupation des initiants». Reste à définir les modalités d'accueil en fonction du plan d'harmonisation scolaire national HarmoS et surtout les coûts de la mesure. L'Exécutif genevois n'exclut pas de lancer un contre-projet.

Dans le canton de Vaud, les femmes radicales doivent tenir compte pour leur texte d'initiative de la réforme nationale HarmoS mais également de la Loi sur l'accueil de jour de la petite enfance (LAJE), entrée en vigueur au début 2007 et qui soutient, via une fondation de droit public, la création de structures parascolaires pour les élèves jusqu'à 12 ans. Les modalités de financement représentent également un enjeu crucial si l'initiative veut rassembler parents et milieux patronaux.

Historique

A ce jour, les parents vaudois ne sont pas égaux en matière de garde en milieu scolaire. Certes, l'encadrement parascolaire s'impose petit à petit mais les disparités sont grandes entre les communes. A Lausanne, ville souvent citée comme modèle en la matière, il existe 20 APEMS (Accueil pour enfants en milieu scolaire) répartis dans tous les quartiers qui accueillent, de 07h00 à 18h30, pas moins de 1700 enfants scolarisés. La ville met 6,5 millions de francs par an et les parents contribuent financièrement à la garde en fonction de leur salaire.

Si cette initiative est effectivement lancée par le Parti radical cet automne, il constituera en soi une première historique. Jamais de mémoire de radicaux vaudois ces derniers n'avaient utilisé l'arme de l'initiative populaire. «Nous sommes devenus un parti comme les autres», philosophe le secrétaire politique Gilles Meystre. Allusion au passé révolu qui voulait que le Parti radical et le Conseil d'Etat se confondent presque totalement. Une initiative populaire, c'est aussi l'occasion pour les radicaux de battre le pavé et d'aller à la rencontre des électeurs.

Dans le canton de Vaud, une autre initiative populaire lancée par trois associations et intitulée «Ecole 2010, sauver l'école», a récemment abouti avec 15000 signatures. Elle demande, notamment, le retour des notes dans le primaire et le maintien des trois voies actuelles dans le secondaire I (VSO, VSG et VSB) ainsi qu'une pédagogie plus classique basée sur les connaissances.