Lorsqu’il vole pour la première fois dans le ciel français en 1991, le prototype du chasseur français Rafale est présenté par son constructeur, Dassault Aviation, comme un appareil de combat multirôle assuré d’un beau succès à l’étranger. Son prédécesseur, le Mirage, peut, il est vrai, se targuer d’une belle réussite internationale: le Mirage III a équipé une vingtaine de pays dans les années 1960; le Mirage F1 a volé sous les couleurs de 11 pays et le Mirage 2000 a conquis 8 marchés étrangers. Puis survient la désillusion à partir de sa mise en service dans l’armée de l’air française en 2002, pour laquelle 152 exemplaires ont depuis été livrés (pour 286 commandés).

Rejet de la Corée du Sud

Le premier pays à doucher les espoirs de Dassault est la Corée du Sud qui, dès l’année opérationnelle initiale du Rafale, rejette l’offre française, lui préférant le F-15 de McDonnell Douglas. L’échec n’est guère surprenant, vu la présence d’environ 30 000 soldats américains dans ce pays, pour protéger Séoul de la menace nord-coréenne. Mais les échecs suivants sont plus problématiques: la «merveille française capable d’atteindre Mach 1,8 et de remplir une variété de missions sans équivalent dans les flottes militaires» selon les termes laudateurs du quotidien Le Monde enchaîne les échecs commerciaux: refus des Pays-Bas et de la Pologne en 2003 (achats de F-16), de Singapour en 2005 (achat de F-15), de l’Arabie saoudite en 2006 (achat de Typhoon), de la Suisse en 2011 (pour le Gripen, abandonné ensuite) puis du Brésil en 2013 (achat de Gripen)…