Jura bernois

Les Ragusa ont désormais leur musée

Jeudi, la marque de chocolat Camille Bloch inaugurait son nouveau site agrandi de Courtelary, couplé d’un espace d’exposition interactif qui attend 100 000 visiteurs par an

Après les plaques Cailler, c’est au tour des chocolats Ragusa de s’exposer hors des supermarchés. La chocolaterie suisse Camille Bloch, connue pour ses barres à la noisette, dévoilait jeudi son nouveau centre visiteurs à Courtelary, dans le Jura bernois, en présence de l’ambassadrice de la marque, Lara Gut, et du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann.

Le chantier, lancé en 2015, visait d’abord à agrandir les infrastructures du site existant afin de répondre à la croissance constante des ventes observée ces dix dernières années. Un investissement de 40 millions de francs (deux tiers du chiffre d’affaires annuel) qui permettra de doubler la production de chocolats, inaugurer de nouveaux bureaux administratifs mais aussi un centre visiteurs de 1700 m².

David parmi les Goliaths

Suivre la ligne de production des pralinés, prendre des selfies sur une vespa, découvrir des films d’archive ou encore remplir sa cuillère au lavabo cacaoté: pour 15 francs et en 90 minutes, le visiteur découvre «CHEZ Camille Bloch», un espace d’exposition interactif, digital et coloré autour de l’histoire de la marque et ses produits. Le tout annexé d’une boutique, d’un bistrot et d’un parc.

«Nous proposons une vraie expérience, qui se vit avec tous ses sens», souligne Daniel Bloch, directeur de la maison. Suffisant pour se démarquer des géants Cailler ou Nestlé, qui ont tous deux ouvert leurs propres musées? «Nous sommes un peu le David entouré de Goliaths, admet Daniel Bloch. Mais nous offrons ici un paysage différent ainsi qu’un accueil familial s’adressant avant tout aux Suisses, qui retrouveront les produits de leur enfance.»

N°2 de la région

Une opportunité économique de taille pour la région, qui compte attirer plus de 100 000 visiteurs par an à Courtelary. «Nous espérons que ce centre devienne la deuxième attraction touristique des Trois-Lacs», précise Guillaume Davot, directeur de Jura bernois tourisme, qui envisage de potentiels packages incluant des entrées pour le Musée Longines et les fromageries de la région. Un enthousiasme partagé par Johann Schneider-Ammann. «Il est relativement rare qu’on investisse dans une région périphérique. La famille Bloch a osé. En ancien entrepreneur, je sais qu’il faut prendre des risques pour créer ses chances.»

Des ambitions encore galvanisées par le succès de la Maison Cailler à Broc, qui accueillait en 2016 près d’un demi-million de visiteurs et demeurait, pour la sixième année consécutive, l’attraction la plus populaire de Romandie.

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