Il n'est guère étonnant que l'environnement ne figure pas parmi les thèmes phares de la campagne électorale. Il y a plusieurs raisons à cette absence. C'est d'abord la rançon d'un certain succès, dans la mesure où plusieurs revendications écologistes ont été entendues, grâce, notamment, à l'appui de Moritz Leuenberger.

Ainsi, en décidant de privilégier le rail et d'y consacrer les moyens financiers nécessaires, la politique des transports est devenue un modèle pour plusieurs pays européens. Par ailleurs, la fiscalité commence à se parer de vert, puisque l'on s'efforce – mais y parviendra-t-on? – de remplacer les ponctions salariales par la taxation de l'énergie. Enfin, le subventionnement de l'agriculture a lui aussi pris des couleurs plus vertes.

Une deuxième raison renforce cette tendance: il n'y a pas eu d'accident écologique important en Suisse depuis longtemps, et la question controversée du transfert des déchets nucléaires ne semble guère empêcher les gens de dormir. Quant aux récents scandales alimentaires (poulet à la dioxine, etc.), ils ne semblent guère profiter aux écologistes. Cela s'explique notamment par le fait que la défense des consommateurs a été progressivement récupérée par le Parti socialiste.

B. W.