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Raphaël Comte: «La respiration démocratique passe par le renouvellement des personnalités».  
© PETER SCHNEIDER / Keystone

Politique

Raphaël Comte renonce au Conseil des Etats

Partisan d’un engagement politique à durée limitée, le PLR neuchâtelois de 38 ans ne se représentera pas à la Chambre des cantons qu’il a présidée en 2016. Mais il n’exclut pas de futurs mandats exécutifs

Raphaël Comte renonce à briguer un nouveau mandat au Conseil des Etats en 2019. Annoncée vendredi à l’assemblée générale de la section neuchâteloise du PLR, sa décision et les raisons qu’il invoque vont dans le sens de la droiture politique dont il a fait preuve à travers ses différents mandats. Convaincu que le renouvellement est important, l’élu qui avait repris en janvier 2010 le siège laissé vacant par Didier Burkhalter prend le risque de se mettre en retrait de la scène politique, sans pour autant évoquer la fin de sa carrière.

«Je considère que personne n’est indispensable au sein du parlement. Nous avons des institutions qui fonctionnent bien, notamment parce que le pouvoir est bien réparti», expliquait par téléphone dimanche le conseiller de 38 ans qui se trouve être le doyen de fonction des 13 parlementaires PLR à la Chambre des cantons qu’il a présidée en 2016. «Je ne fais que mettre en application mon principe qui veut qu’on ne s’accroche pas à un siège indéfiniment. J’aurai fait trois législatures au niveau communal, deux au niveau cantonal et deux et demie au niveau fédéral.»

Tournus salvateur

Le conseiller aux Etats est en effet partisan d’une limitation de mandats sur trois législatures: selon lui, douze ans au niveau fédéral devrait être fixé comme un maximum, avec des possibilités de dérogations, comme cela se fait dans certains partis politiques où les élus désirant continuer doivent demander une dérogation en général soumise à un vote à majorité qualifiée d’une assemblée générale. «Certains ont obtenu une dérogation, comme Pierre-Yves Maillard dans le canton de Vaud. A Neuchâtel, le Parti socialiste a aussi fixé des règles. Le canton du Jura est l’un des rares à avoir une limitation du nombre des mandats. C’est une discussion en cours depuis plusieurs années à Neuchâtel dans la réforme des institutions. Je suis convaincu que la respiration démocratique passe par le renouvellement des personnalités, que cela soit au niveau des parlements ou des gouvernements», poursuit Raphaël Comte qui n’exclut pas de se présenter un jour à une autre fonction, au Conseil d’Etat neuchâtelois par exemple.

Lire aussi: Raphaël Comte, chevalier de la mixité

Son retrait est d’autant plus serein que les gros dossiers en cours, notamment les causes qu’il défend comme la parité politique, seront en principe mis sous toit cette année encore. «La loi sur l’égalité hommes-femmes est maintenant au Conseil national. Le droit de la société anonyme arrive au Conseil des Etats à la prochaine session. Les investissements routiers et ferroviaires neuchâtelois seront bouclés d’ici à la fin de la législature. J’ai le sentiment que la conjoncture politique et l’avancement des dossiers font que c’est le bon moment pour mettre fin à mes fonctions et passer le témoin.»

Parcours hors norme

Politicien atypique jusqu’au bout, le sénateur libéral-radical de Corcelles-Cormondrèche qui avait pris l’habitude d’être toujours le plus jeune là où il était élu – au Grand Conseil neuchâtelois, à la tête du PLR cantonal, puis à la présidence de la Chambre des cantons – sera aussi l’un des premiers à quitter la coupole fédérale si tôt. La norme veut que les membres y entrent plus tard et mettent fin à leur carrière politique au moment de la retraite. Lui qui a une nouvelle vie professionnelle à inventer se donne un an et demi pour réfléchir et ne se sent «pas encore en situation de stress absolu». En fonction de ses centres d’intérêt, de ses compétences et de sa formation en droit, il verra ce qui peut se profiler. Son engagement pour le pays prendra d’autres formes, peut-être au niveau associatif. «Quand on n’est plus en fonction, on est assez vite oublié, conclut-il. Loin des médias, loin du cœur. Pour autant, je n’exclus pas de revenir un jour sur la scène politique. Mais ce sera à nouveau avec l’idée de ne pas faire de mandat fleuve. Je privilégierai toujours l’intensité à la durée.»

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