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Jacques Chavaz, ex-directeur suppléant de l’Office fédéral de l’agriculture, ici en octobre 2012.
© Keystone / LUKAS LEHMANN

Agriculture

Le rapport d’Avenir Suisse est «une étude positive, mais en partie spéculative»

Ex-directeur suppléant de l’Office fédéral de l’agriculture Jacques Chavaz estime que le rapport qu’Avenir Suisse vient de publier est intéressant malgré ses lacunes

Dans un rapport publié ce vendredi, le laboratoire d’idées Avenir Suisse affirme que l’actuelle politique agricole est en faillite et qu’il est urgent de la moderniser. Alors que l’Union suisse des paysans crie à la provocation, l’ex-directeur suppléant de l’Office fédéral de l’agriculture Jacques Chavaz lui trouve un certain intérêt.

Lire au sujet de ce rapport: «Selon Avenir Suisse, l’agriculture coûte 20 milliards par an»

Le Temps: Vingt milliards: l’agriculture suisse nous coûte-t-elle vraiment si cher?

A première vue, non! Avenir Suisse a raison d’additionner le montant des subventions et celui des protections douanières. On arrive ainsi à environ 8 milliards. Le reste du calcul est plus subjectif. Tenter de calculer ce que perd l’industrie d’exportation en raison d’accords de libre-échange qui n’ont pas encore été négociés est très spéculatif.

Avenir Suisse parle aussi de 7 milliards de coûts indirects sur l’environnement. L’agriculture en est-elle si peu respectueuse?

Là aussi, je m’étonne par exemple de ce chiffre de 4 milliards relatif à une perte de biodiversité. Globalement, on peut affirmer que l’agriculture suisse est soucieuse de l’environnement. Elle est dans une dynamique positive, même s’il reste des progrès à accomplir. Elle a créé davantage de surfaces extensives favorables à la biodiversité. Elle fait aussi moins d’excès dans l’utilisation de fertilisants. Les consommateurs participent à cette dynamique en choisissant des produits bios ou IP-Suisse, par exemple.

Alors, encore une étude qui ne débouchera sur rien?

Non. Une telle étude est positive dans la mesure où elle apporte un autre éclairage que celui propagé par tous les milieux qui lancent des initiatives dans le but de renforcer le Sonderfall suisse. Il est vrai que la protection très élevée à la frontière participe au manque de concurrence à l’intérieur du pays, aussi bien sur le prix des intrants que dans la transformation et le commerce de détail.

Le fromage est-il l’exemple d’une libéralisation réussie?

Globalement, oui! Dans le secteur du fromage, on a gagné en qualité et en diversité des produits. Les producteurs de lait et de fromage font désormais preuve d’un esprit entrepreneurial plus développé. On peut dresser le même constat dans le domaine vitivinicole. La libéralisation du régime d’importation a conduit à un positionnement des vins suisses dans la qualité; on ne remplit plus des piscines avec des excédents de vins de bas de gamme.

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