Le rapport final du groupe de travail présidé par le secrétaire d'Etat à la science et à la recherche sur la restructuration de la formation des médecins en Suisse continue d'alimenter la polémique. Au point que Le Temps, après en avoir donné la substance (LT d'hier) a jugé important d'y revenir. Notamment pour corriger un problème de transmission de données qui nous a fait omettre deux facultés de médecine (Zurich et Neuchâtel) dans l'infographie publiée dans notre édition de mardi.

Dans la réforme radicale que Charles Kleiber entend mettre en route, la volonté de concentrer les cinq facultés complètes de médecine sur trois pôles (Genève-Lausanne, Berne-Bâle et Zurich) ne va pourtant pas sans interpeller non seulement les facultés complètes de Genève, Lausanne, Berne, Bâle et Zurich, mais aussi les «demi-facultés» de Neuchâtel et de Fribourg. Ces dernières pourraient d'ailleurs bien offrir une certaine résistance et ne pas accepter de se sacrifier sur l'autel de la centralisation. A titre d'exemple, on imagine mal les Fribourgeois se départir sans états d'âme de leur propre faculté de médecine. Il suffit de se rappeler l'initiative lancée l'an dernier par Marco Celio, du Département de médecine, qui visait à instituer une faculté semi-privée en partenariat avec le groupe de cliniques privées Hirslanden Holding. Le professeur fribourgeois avait ainsi réagi au refus des universités de Berne et de Bâle d'accueillir encore les étudiants de Fribourg dans le domaine clinique. Un refus sur lequel les deux cantons alémaniques étaient revenus une fois que Fribourg eut abandonné le projet Hirslanden.

Si le rapport Kleiber met avant tout l'accent sur les trois pôles universitaires, il n'oublie pas non plus les autres centres hospitaliers régionaux. Les hôpitaux cantonaux non universitaires de Fribourg, Neuchâtel, Sion et Lugano, par exemple, seraient aussi amenés à participer à la recherche et à la formation, en concluant un contrat d'affiliation avec le centre hospitalo-universitaire, en l'occurrence celui de Genève-Lausanne. Pour l'heure en tout cas, les membres du groupe de travail constatent que «la coopération régionale […] pour atteindre la masse critique et maîtriser les coûts entre hôpitaux universitaires et avec les principaux hôpitaux cantonaux est insuffisante». Il en résulte une déperdition de compétences. Les experts remarquent aussi que la «concertation politique régionale est trop faible» et que l'exploitation des réseaux régionaux de compétences n'est pas satisfaisante.