Les personnes à qui l'on a refusé une rente AI grossissent-elles les rangs des bénéficiaires de l'aide sociale? Il semblerait que non, selon un premier rapport interne de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

L'analyse a été effectuée suite à une interpellation de la conseillère aux Etats socialiste Gisèle Ory (NE). Le coup de sonde a eu lieu dans douze cantons, dont un seul romand, le Jura.

Principale préoccupation de la gauche et des milieux de défense des handicapés dans le cadre de la 5e révision de l'AI qui a pour but de diminuer le nombre de nouvelles rentes de 20% ces prochaines années, le transfert des charges de l'assurance fédérale à l'aide sociale cantonale n'est pourtant pas probant, statistiquement parlant. «Nous soupçonnons qu'il existe quand même un lien entre la diminution de l'octroi de nouvelles rentes et l'augmentation des dépenses des services sociaux, mais mathématiquement nous ne pouvons pas le constater», explique Alard Du Bois-Reymond, chef du domaine AI à l'OFAS.

Ce dernier reconnaît que cette analyse pose un problème de précision, les chiffres étant très difficiles à récolter et à mettre en relation. «De plus, nous ne pouvons pas juger de l'influence des cantons sur les taux de rentiers ou de bénéficiaires de l'aide sociale, alors même qu'on sait qu'elle existe», reconnaît le membre de la direction de l'OFAS.

L'office fédéral étudie aujourd'hui la possibilité d'aller plus loin dans son investigation avec une étude de cas individuels. Le rapport actuel se base sur les chiffres de 2003. «Des statistiques peu représentatives puisque le tour de vis a eu lieu juste après», estime Gisèle Ory. Dévoilés dimanche dans la presse dominicale alémanique, les résultats de l'étude tombent à pic, à quelques jours du début des travaux de commissions sur la 5e révision et en réponse aux critiques de la Commission de gestion des Etats qui dénoncent le manque de base statistique et scientifique de l'OFAS.