Au terme de la conférence des ambassadeurs, qui les a réunis durant cinq jours à Berne et en d'autres lieux, ceux-ci pourront regagner leur poste avec une lecture de chevet. Le rapport de la Commission de gestion du Conseil national sur la politique du personnel au sein du Département des affaires étrangères (DFAE), à défaut de leur assurer un sommeil paisible, leur fournira au moins un sujet de réflexion. Au cas où elles devraient être globalement appliquées – perspective peu vraisemblable étant donné l'esprit de corps de la carrière, l'inertie naturelle de l'administration et les résistances politiques – les propositions bouleverseraient en effet l'organisation, les habitudes et les plans de carrière de tout le corps diplomatique.

Deux thèmes principaux

Si nombre de ces propositions ont déjà été évoquées au cours de ces derniers mois (Le Temps du 23 août), le rapport a été présenté vendredi à Berne pour la première fois dans son intégralité. Le sous-groupe ad hoc de la Commission de gestion a fixé son attention sur deux problématiques, le recrutement et la conduite du personnel d'une part, le réseau de représentations et les ambitions diplomatiques de la Suisse d'autre part. Il n'émet de critiques, précise la présidente de la Commission de gestion, Brigitta Gadient (UDC/GR), ni contre le DFAE, ni contre son chef, mais contre un système qui a «besoin d'une réforme de fond».

Le rapport fait toute une série de propositions visant à élargir le recrutement des diplomates, à diversifier les filières et à faire appel à des personnes extérieures. Il recommande une nouvelle conception du système de carrière, moins verticale et linéaire, en valorisant les passages temporaires dans d'autres secteurs de l'administration. Il propose également un nouveau système salarial et une réorganisation du système des transferts, une amélioration de la représentation des femmes et de la situation des personnes accompagnantes. S'agissant du réseau, il préconise une concentration des moyens, sans viser d'économies, mais une plus grande efficacité, et une meilleure coordination avec la DDC (coopération au développement).

Rapport sur le management en temps de crise attendu

Le groupe va poursuivre ses travaux sur d'autres aspects du fonctionnement du DFAE avec un rapport complémentaire sur le management en période de crise et la politique d'information. Si elles ne sont pas directement à l'origine de cette suite à donner au rapport, les affaires Borer et Friederich en ont confirmé l'utilité. Il s'agira bien d'une étude sur le fonctionnement du DFAE en cas de crise et pas d'une enquête sur le déroulement de l'affaire Borer, comme le revendiquait l'UDC. Le sous-groupe ne s'est pas laissé influencer par des manœuvres préélectorales, assure son président, Alexander Tschäppät (soc./BE). Par ailleurs, les attachés de défenses, qui dépendent de Samuel Schmid, figurent également dans son collimateur.