Deux géographes, un cadre des CFF et une retraitée: Face à la presse, deux hommes et deux femmes encadrent Jean-Marie Bornet. Ce mercredi, le porte-parole de la police valaisanne officialise la constitution d'une nouvelle formation politique qui entend dépasser les intérêts particuliers et les clivages partisans. Intitulée «Rassemblement Citoyen Valais», elle entend proposer une alternative à la population dès les prochaines élections cantonales, en mars 2017. Au micro, le policier martèle le discours du rassemblement: «Nous ne sommes pas un parti d'opposition et nous souhaitons travailler avec toutes les personnes de bonne volonté».

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Figure médiatique et fils d'un ancien ministre démocrate-chrétien, Jean-Marie Bornet avait déjà avoué ses ambitions gouvernementales en octobre dernier. En promettant d'incarner «le ras-le-bol de la population face à la paralysie de ses institutions», il avait suscité de nombreuses réactions admiratives ou agacées. Le mois suivant, une juge le dénonçait au Ministère public pour abus d'autorité et instigation à faux témoignage. Il aurait tenté de protéger son fils, qui a fait usage d'une arme à feu au cours d'une dispute. Pour lui, «il ne s’agit pas de droit ou de justice, on cherche à m’atteindre personnellement». Il espère pouvoir communiquer bientôt sur le sujet.

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80 thèmes et 11 valeurs

Malgré la procédure, la trentaine de citoyens qui sont à l'origine du Rassemblement Citoyen Valais ont unanimement voté la candidature de Jean-Marie Bornet au gouvernement. Aux côtés du policier, les co-présidents Anne-sophie Fioretto et Pascal Bigler avancent près de 80 thèmes politiques et 11 valeurs, parmi lesquelles l'indépendance ou la transparence: «L'information est un droit du citoyen et l'Etat a le devoir de communiquer». Spécialiste du développement territorial à l'université de Genève, Jacques Michelet soutient que le canton «gaspille son énergie à réagir au lieu d'agir». Après deux ans de travaux, tous promettent de «co-construire un projet de société.»

Mon chef, celui à qui je dois la plus grande loyauté, c'est le peuple

Ces derniers mois, le ministre de la sécurité Oskar Freysinger a exprimé plusieurs fois son agacement face à un subordonné très critique envers son employeur. Ce mercredi, le policier a répondu: «Mon chef, celui à qui je dois la plus grande loyauté, c'est le peuple». Pour mener campagne, il prend congé jusqu'à la fin mars. En promettant une vision à long terme, la formation de Jean-Marie Bornet espère aussi proposer des candidats au parlement. Elle communiquera son programme au début du mois de janvier.