Genève

Rassemblement devant le consulat de France pour dire non à l’horreur

Quelque 200 Genevoises et Genevois se sont rassemblés samedi à 17h, en solidarité avec les victimes des attaques. Un mouvement spontané, initié sur les réseaux sociaux

Une bougie, un bouquet de roses, un mot griffonné à la hâte ou simplement une larme écrasée en silence. Samedi à 17h, devant le consulat de France à Genève, à chacun son geste symbolique. Mais un seul et même message pour les quelque 200 Genevois ayant répondu à l’appel lancé sur les réseaux sociaux: ne pas rester indifférent, dire non, tous ensemble, à la barbarie.

De tous âges, de tous horizons, anonymes ou élus, ils ne pouvaient pas rester chez eux après avoir assisté, impuissants, parfois toute la nuit devant leur poste de télévision, à l’horreur en direct. «On est ici pour montrer qu’on n’a pas peur, lâche Christine, venue avec ses grands enfants. Même si on a un peu peur quand même…» Difficile de trouver les mots, hésite son fils Noé: «En fait, être là ce soir, c’est juste le minimum. Notre génération va connaître des moments difficiles, mais on s’en sortira.» A ses côtés, Nina doute: «Je ne suis pas sûre de vouloir faire des enfants quand je vois ce que devient le monde…» «Mais si, l’interrompt Noé. C’est le contraire qu’il faut penser!»

Devant les grilles du consulat, le rassemblement est aussi digne que les participants sont déboussolés. Et la scène est atrocement familière: Charlie est encore dans tous les esprits. «Je veux vous remercier pour cette mobilisation en l’honneur des victimes de ces attaques barbares, déclare sobrement la consule générale de France, Odile Soupison, comme prise de court par cet élan de solidarité. Dans un moment dur pour la France et le monde démocratique, il est important que nous restions ensemble, libres et mobilisés.»

Puis monte une «Marseillaise», entonnée par son conseiller consulaire, Nicolas de Ziegler. Reprise, tant bien que mal, par la petite foule. «Nous sommes en guerre, lâche le diplomate après la dernière note. Mais la République vaincra.» A quelques mètres de lui, le député vert François Lefort explique être venu «à deux titres: celui de citoyen suisse et celui de citoyen français. Ce que j’ai vu cette nuit à la télévision, c’est une belle nation solidaire, prête à faire face à l’ennemi. Et cet ennemi n’est plus une allégorie. Il est bien réel et porte un nom: l’islamisme. Ce qu’on attaque, c’est notre mode de vie.» Directeur des affaires intérieures du canton, Michaël Flaks, venu lui aussi «en citoyen», précise: «Genève a toujours été très proche de la France et des Français. Ce qui arrive nous touche directement.»

A l’écart, Frédérique Tissandier observe et semble se recueillir. Communicante dans une organisation internationale, c’est elle qui a lancé l’appel au rassemblement sur Facebook. C’était il y a quelques heures. «Il n’y avait que cela à faire, sourit-elle. Face à l’obscurantisme, nous n’avons pas tellement de moyens d’agir. Alors je me suis dit qu’il fallait simplement nous rassembler.» Elle avait raison.

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