Neuchâtel

Raymond Clottu claque la porte du comité de l'UDC neuchâteloise

Le conseiller national estime que le retour d'Yvan Perrin à la présidence du parti est prématuré. Nouvelle agitation au sein du parti

Avec ou sans son fondateur emblématique Yvan Perrin, revenu à la présence de la section lundi soir après dix-huit mois d'absence pour se soigner, l'UDC neuchâteloise est un guêpier. Les esclandres, les bisbilles personnelles et les luttes d'ego y sont monnaie courante. Dernier événement en date: le conseiller national Raymond Clottu a annoncé ce mercredi dans le Journal du matin de la RTS qu'il quitte le comité cantonal et le bureau de la section neuchâteloise de l'UDC. Raison invoquée: il estime le retour d'Yvan Perrin aux affaires prématuré.

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«On lui a laissé, à mes yeux, plusieurs fois des chances. Je crois que de la part d'Yvan Perrin, il n'y a pas eu de remise en question. Je n'ai pas envie de revivre cela et par honnêteté, je vais me retirer du bureau cantonal et du comité de la section UDC», a affirmé Raymond Clottu.

Il avait déjà claqué la porte

Raymond Clottu avait déjà claqué la porte de la direction de l'UDC neuchâteloise dont il était le vice-président, en fin d'hiver 2013, lorsqu'Yvan Perrin était candidat au Conseil d'Etat et qu'il avait connu une hospitalisation après une soirée trop arrosée. Il prétendait déjà qu'Yvan Perrin ne pouvait pas être candidat au gouvernement, sa santé étant trop fragile. Il était de ceux qui estimaient qu'il fallait lui désigner un colistier. L'affaire avait secoué l'UDC.

Le même Raymond Clottu avait pourtant sauté sur l'opportunité de l'élection d'Yvan Perrin au Conseil d'Etat neuchâtelois en mai 2013 pour lui succéder au Conseil national – il était premier des viennent-ensuite de la liste UDC. Il avait même été candidat au gouvernement neuchâtelois, en septembre 2014, là encore pour tenter de conserver le siège qu'Yvan Perrin avait été contraint d'abandonner, mais il avait très largement échoué face au PLR Laurent Favre.

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Un homme contesté dans son parti

Bien que contesté jusque dans son parti, Raymond Clottu l'a emporté le 18 octobre 2015, conservant son fauteuil au Conseil national. Après une campagne hargneuse à l'interne de la liste UDC. Raymond Clottu n'a eu au final que 126 suffrages de plus que le deuxième, Blaise Courvoisier, lequel a depuis lors quitté l'UDC.

Il y a bel et bien de l'inimitié entre Raymond Clottu et Yvan Perrin, doublée d'une lutte d'influence. Raymond Clottu fait «sa» politique et déteste se faire dicter sa ligne de conduite. Il le démontre en quittant la direction de l'UDC neuchâteloise. En même temps. il s'isole. Pour Yvan Perrin, c'est une épine dans le pied. Mais celui qui a déjà présidé l'UDC neuchâteloise de 2001 à 2013 en a vu d'autre, les départs tonitruants étant fréquents dans un parti qui a épuisé deux autres présidents entre 2013 et fin 2015, Hugues Chantraine et Stephan Moser.

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