MARCHé DU TRAVAIL

En réaction au MCG, des patrons genevois affichent le nombre d’employés frontaliers

Des entreprises jouent cartes sur table: en réaction à la proposition du MCG d’instaurer un label «zéro frontalier», elles expliquent les raisons de la forte représentation de ceux-ci.

50% de frontaliers? Ils assument

Genève Des entreprises jouent cartes sur table

Elles affichent le nombre d’employés frontaliers et les raisons de cette forte représentation

Personne à Genève ne manie aussi bien que lui l’art de la provocation. Eric Stauffer, leader du Mouvement Citoyens genevois (MCG) et candidat sortant à la mairie d’Onex, a fait du qualificatif frontalier au mieux un tabou, au pire une insulte. Surtout depuis qu’il a proposé, pour pousser sa cote aux élections municipales, un label «zéro frontalier» pour les entreprises, après son slogan de campagne, «commune zéro frontalier». Si on sait que l’économie genevoise serait paralysée sans eux, qui représentent 25% des actifs à Genève, les patrons préféraient ne pas aborder la question. Jusqu’à ce jour, où plusieurs d’entre eux ont accepté de rompre le silence et de dire combien de frontaliers ils embauchent et pourquoi. En prenant le MCG au mot et à son propre piège.

Si Migros Genève n’affiche que 27% de frontaliers, les entreprises actives dans le commerce de détail ou le bâtiment sont nombreuses à être au-dessus, et pour les mêmes raisons: la main-d’œuvre locale qualifiée se fait rare, les chômeurs ne présentent pas les bons profils, les jeunes ne se montrent guère enthousiastes. Le directeur général de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) Grégoire Evéquoz confirme: «Chez nous, environ 30% des employés sont sous-qualifiés par rapport au travail qu’ils exercent. A l’étranger, c’est l’inverse. Ce qui prouve le contexte de tension et de pénurie qui touche presque tous les secteurs.» Et encore: «On ne forme pas suffisamment par rapport aux besoins. Le chômage des jeunes est faible, il est de transition.» Dans ce contexte, même les supporters du MCG auront du mal à justifier le fameux label. Ça tombe bien, car Eric Stauffer en a reculé la création, «au vu de l’explosion des pseudo-indignés par notre slogan, dont la vocation était de provoquer le débat». Mais il interroge quand même: «Si Onex a réussi à trouver les compétences parmi ses résidents, on se demande pourquoi ce n’est pas possible pour d’autres!» Cette fois, il obtiendra des réponses, transparentes et circonstanciées. Sans malaise ni prévention.

Les frontaliers représentent 25% des actifs

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