Le compromis du Conseil fédéral en matière d'imposition du CO2 suscite la colère des organisations écologistes, des syndicats et des Eglises. Pour l'«Alliance pour une politique climatique responsable», qui regroupe cinquante associations environnementales, syndicales et caritatives, le Conseil fédéral a bradé la protection du climat et capitulé devant le lobby pétrolier. «La Suisse tourne le dos à une politique climatique crédible. Le gaspillage des énergies fossiles va pouvoir continuer», tempête l'alliance. Recourir aux certificats étrangers pour appliquer le centime climatique ne protégera pas le climat. Les Verts sont eux aussi furieux et parlent d'un «piètre compromis».

Déjà de gros efforts

Economiesuisse critique la taxe sur les combustibles, qui entraînera de nouvelles charges pour les petites PME et l'artisanat et renchérira les logements. Elle compte en revanche exploiter le galop d'essai du centime climatique avec ses partenaires et l'Agence de l'énergie pour l'économie. Elle annonce la création d'une agence pour le climat dans le but de négocier un mandat de prestations avec la Confédération.

L'Union suisse des arts et métiers et l'Union pétrolière regrettent que le Conseil fédéral ait limité le délai donné au centime climatique pour faire ses preuves. La décision de taxer les énergies fossiles alors que ce secteur a déjà fait de gros efforts les irrite et elles promettent de rectifier le tir au parlement. Les clubs automobiles et la Fédération routière suisse (FRS) se réjouissent que le Conseil fédéral introduise le centime climatique.

Détour déploré

Du côté des partis gouvernementaux, le PDC se réjouit de voir que le Conseil fédéral a repris sa proposition. Dans un communiqué, le PDC lance un appel à tous les autres partis afin qu'ils se rallient à cette solution. Les radicaux saluent de leur côté le centime climatique sur les carburants, mesure qu'ils jugent «efficace». Ils ne comprennent en revanche pas l'introduction d'une taxe sur le CO2 pour les combustibles. L'UDC parle de succès partiel. Le parti est content que le gouvernement se soit limité à un centime climatique sur les carburants. L'UDC aurait préféré qu'aucune mesure ne soit prise. Et elle s'oppose à la taxe sur les combustibles.

«Le Parti socialiste est au contraire très satisfait de la décision de principe du gouvernement en faveur de la taxe sur le CO2 pour les combustibles et les carburants», a déclaré à l'ATS le porte-parole Jean-Philippe Jeannerat. Le PS déplore toutefois que le Conseil fédéral fasse un détour par le centime climatique jusqu'en 2007: «Une perte de temps», a commenté le porte-parole.