Vaud

Rebecca Ruiz en favorite pour le Conseil d’Etat vaudois

La conseillère nationale socialiste s’est lancée ce vendredi dans la course à la succession de Pierre-Yves Maillard, en partance pour l’Union syndicale suisse. La Lausannoise de 36 ans part avec les faveurs de la cote

La course à la succession de Pierre-Yves Maillard a véritablement été lancée. Sans surprise, la socialiste Rebecca Ruiz a officialisé sa candidature au Conseil d’Etat vaudois ce vendredi lors d’une conférence de presse tenue à la brasserie Lausanne-Moudon. Le choix de l’établissement incarne la volonté de cette pure Lausannoise de 36 ans de représenter l’ensemble du canton.

Insistant sur son enthousiasme et sa motivation, Rebecca Ruiz a déclaré, comme le veut la formule d’usage, «être à la disposition des Vaudoises et des Vaudois». Elle a ensuite explicité les quatre axes de son programme: les défis du vieillissement de la population, les mutations du monde du travail provoquées par les nouvelles technologies, l’urgence climatique et l’évolution de l’organisation familiale en lien avec la question de l’égalité homme-femme. De son côté, le député Jean Tschopp a détaillé la «méthode Ruiz», soit «une approche analytique, factuelle et rigoureuse».

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Si la nomination du candidat socialiste se décidera en congrès, le 19 janvier, Rebecca Ruiz apparaît d’ores et déjà comme la grande favorite. Celui qui aurait pu être son principal rival, Stéphane Montangero, l’ancien président du parti, a annoncé la veille qu’il préférait se concentrer sur les élections fédérales de 2019, visant un siège au Conseil national. Surtout, la jeune femme aura le soutien de la puissante section lausannoise, dont on imagine mal qu’elle ne soit plus représentée au gouvernement cantonal (les actuelles élues socialistes Nuria Gorrite et Cesla Amarelle viennent respectivement des régions de Morges et d’Yverdon-les-Bains).

L’étoile montante du PS

Avec son mari Benoît Gaillard, Rebecca Ruiz incarne la nouvelle génération du Parti socialiste lausannois, qu’ils ont tous deux présidé, après celle des Maillard, Junod et Savary. Criminologue de formation, biberonnée aux idées de gauche par un père andalou assistant social et engagé pour le droit des étrangers, la jeune femme est depuis longtemps présentée comme l’«étoile montante du PS». Conseillère nationale depuis 2014, elle a franchi un palier deux ans plus tard lorsqu’elle succède au Fribourgeois Jean-François Steiert à la très stratégique Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS), une marque de confiance de la direction du parti suisse. Les mois suivants, Rebecca Ruiz sera l’un des fers de lance du projet Prévoyance vieillesse 2020 d’Alain Berset, finalement refusé en votation en septembre 2017.

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L’élection complémentaire pour la succession de Pierre-Yves Maillard, qui rejoindra l’Union syndicale suisse (USS) à la fin du printemps 2019, devrait se dérouler en mars. A l’heure actuelle, seule l’extrême gauche a lancé officiellement, mais dans la discorde, deux candidats. Alors que l'avocat Jean-Michel Dolivo se présente pour Ensemble à gauche, le POP a opté vendredi pour «une candidature dynamique, jeune et féminine», celle d'Anaïs Timofte, 27 ans, assistante en sciences politiques à l'Université de Lausanne. A droite, l’UDC piaffe d’impatience de retrouver le siège au Conseil d’Etat qu’il a perdu à la suite du décès de Jean-Claude Mermoud et pourrait présenter son chef de groupe, Philippe Jobin. Le PLR n’a quant à lui pas encore défini de stratégie.

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