C’est une rupture qui a eu lieu mardi matin dans le jeu politique vaudois. Le retrait en rase campagne du candidat UDC à la succession de Pierre-Yves Maillard, Pascal Dessauges, marque peut-être la fin de la stratégie d’alliance perdante de la droite vaudoise. Dimanche, lors du premier tour électoral, il avait terminé deuxième, clairement distancié de 13 000 voix par la socialiste Rebecca Ruiz.

«Aucun de nos scénarios n’imaginait un tel écart, confie Pascal Dessauges. Le soutien des instances dirigeantes du PLR n’a pas fait mouche auprès de la base de leurs électeurs. Il y a 10 000 voix qui me manquent au centre droit, 10 000 électeurs PLR qui n’ont pas voté pour moi.»

Notre compte rendu du premier tour: Les Vaudois plébiscitent le statu quo

Au premier tour, la socialiste Rebecca Ruiz était arrivée en tête avec 46,6% des voix. Pascal Dessauges pense aux 53,4% des Vaudois qui n’ont pas voté pour elle et se retrouvent le bec dans l’eau. «Ils doivent prendre acte, comme moi, de notre défaite. Mon retrait aujourd’hui n’est ni lâche, ni courageux, il est responsable. Nous évitons aux contribuables vaudois les dépenses liées à l’organisation du second tour, soit environ 500 000 francs.»

Les socialistes vaudois ont donné un point presse à 12h15 pour commenter la victoire de leur candidate en présence de Rebecca Ruiz.

Les électeurs du centre droit laissés en rade

Arrivé troisième avec 6% des voix, le candidat du PDC, Axel Marion, renonce également à maintenir sa candidature. «Il y a aujourd’hui une frustration de l’électorat du centre droit qui méritait une meilleure alternative. Ils sont laissés en rade. L’échec du jour démontre que le soutien du PLR à ma candidature aurait été une piste plus porteuse pour les électeurs vaudois.»

C’est au député de la vallée de Joux Nicolas Rochat Fernandez, le premier des viennent-ensuite sur la liste des élections fédérales de 2015, que revient la place de Rebecca Ruiz au Conseil national. S’il accepte, il y siégerait durant deux sessions parlementaires avant les élections fédérales d’octobre.