La loi est passée par 81,7% contre 18,3%. Ce résultat confirme le scrutin de février 2008. Les Genevois avaient alors accepté à 80% une initiative qui interdisait la fumée dans les lieux publics. Débutait alors une longue saga juridico-politique.

Un gouvernement trop pressé

Poussé par ce plébiscite, le gouvernement avait brûlé les étapes en élaborant un règlement d’exécution transitoire jusqu’à l’adoption d’une loi. Mais il s’est fait remettre à l’ordre par le Tribunal fédéral qui a annulé le règlement en lui demandant d’adopter une loi en bonne et due forme.

La cigarette, qui avait disparu pendant trois mois des restaurants, a donc fait son retour fin septembre 2008. Finalement, le Grand Conseil a adopté en janvier dernier une loi qui interdit la fumée dans les lieux publics mais qui offre la possibilité aux cafés et restaurants d’aménager des fumoirs.

Cette concession faite aux cafetiers et restaurateurs qui avaient mis la pression n’a cependant pas été jugée suffisante. Ceux-ci ont lancé un référendum. Regroupés sous la bannière «Halte aux interdits», les adversaires à cette loi craignent pour l’avenir des petits bistrots.

Selon eux, Genève devrait se contenter d’appliquer la loi fédérale en la matière, beaucoup moins restrictive. Cette dernière prévoit de nombreuses exceptions, laissant aux cantons la possibilité d’appliquer des règles plus strictes sur leur territoire. Nombre d’entre eux, dont Vaud, Valais, Neuchâtel et Fribourg interdisent déjà la cigarette dans les lieux publics.

La saga va se poursuivre

Du côté des partisans de l’interdiction, la satisfaction n’est pas complète. Ils contestent la possibilité d’aménager des fumoirs dans les restaurants. Ils jugent cette mesure contraire à l’esprit de l’initiative votée en 2008 et ont annoncé dimanche vouloir recourir au Tribunal fédéral contre cette disposition.