Les recettes fiscales de la Confédération ne manifestent encore aucun signe de ralentissement. Au terme du premier trimestre, elles se situent largement au-dessus de l'année précédente. Mais quelques précautions s'imposent avant d'en tirer des conclusions.

A fin mars, le volume des recettes a atteint 14 milliards (sur 53,5 inscrites au budget annuel), a annoncé mardi le Département fédéral des finances (DFF). C'est près de 4 milliards de plus qu'en 2007 (10,6 milliards au terme des trois premiers mois).

Tous les impôts ont rapporté davantage que lors de l'exercice précédent. L'impôt fédéral direct a déjà rapporté 2,2 milliards (1,6 en 2007), la TVA 5,5 milliards (5,3 en 2007), l'impôt sur le tabac 1,1 milliard (contre 400 millions en 2007, mais le montant encaissé en 2008 inclut des impôts prélevés sur les cigarettes destinées à l'exportation qui seront remboursés par la suite).

Malgré la crise

L'impôt anticipé explose par rapport à 2007. Il est passé, en douze mois, de 500 millions à 2,3 milliards. Il faut rappeler à ce sujet le mécanisme particulier de cet impôt, dont une partie des recettes sont remboursées a posteriori aux contribuables. Le nouveau modèle comptable qui a été adopté par la Confédération en tient compte et explique cette hausse des recettes lors du premier trimestre.

Les droits de timbre sont eux aussi en progression, passant de 675 millions à 720 millions. Ces chiffres montrent que le budget de la Confédération n'a pas subi de dommage particulier au premier trimestre en relation avec la crise des marchés financiers.

Quant à la redevance poids lourds, elle rapporte pour l'instant à peine plus que lors de l'exercice précédent (322 millions contre 311), tout comme l'impôt sur les huiles minérales (727 millions contre 699).

Le DFF met cependant en garde contre toute interprétation hâtive. Il rappelle que les résultats trimestriels, notamment ceux de la première tranche, ne permettent pas de dégager de tendance pour l'année entière. Il n'empêche que ça ne va pas trop mal...