A quoi pense-t-on lorsqu’on compte sur de l’argent hypothétique pour faire tourner un ménage? A l’espoir, probablement. A Genève, c’est peut-être bien l’espérance plus que toute autre considération qui aura animé le Conseil d’Etat à l’heure de ficeler son projet de budget pour 2021. Car, à bien y regarder, on s’aperçoit que les recettes sur lesquelles le gouvernement table sont loin d’être acquises.

Présenté la semaine dernière, critiqué à gauche comme à droite, ce projet de budget prévoit un déficit de 501 millions de francs. Pour réaliser des économies, il s’attaque aux salaires et acquis des fonctionnaires et limite la hausse des charges. Si cet exercice est chaque année périlleux, il l’est hautement en cette année de crise et devant un parlement qui, pour résumer, veut à la fois moins d’impôts et plus de prestations. Pas sûr qu’il apprécie le bouquet de projets de loi que lui offre le Conseil d’Etat. Or, un budget conditionné au vote de lois connexes dont l’issue est incertaine ne laisse pas d’inquiéter. «C’est un projet de budget fragile, admet la ministre des Finances, Nathalie Fontanet. Il y a des incertitudes sur les revenus et je ne nie pas l’ampleur des projets de loi connexes dont je ne peux garantir l’adoption par le parlement.»