Climat

«Le réchauffement climatique a précipité l’écroulement de Bondo»

Le constat de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) est clair. Avec la hausse des températures en Suisse, la fréquence des événements comme la catastrophe de Bondo augmentera ces prochaines années

Expert en glissements de terrain au sein de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), Hugo Raetzo se montre alarmé. Depuis sept ans, la Suisse souffre de chaleurs inhabituelles et, sur les flancs des montagnes escarpées, leurs effets sont déjà perceptibles. Le récent éboulement dans les Grisons le prouve. L’OFEV presse les cantons et les communes à sécuriser leurs zones à risque.

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Le Temps: Peut-on affirmer que la catastrophe de Bondo est directement liée au réchauffement climatique?

Hugo Raetzo: L’écroulement du Piz Cengalo est un événement qui s’est probablement préparé sur une longue période. La fracturation des roches n’est pas directement liée au climat, mais le réchauffement important que connaît la Suisse a une influence sur la stabilité du permafrost et donc sur la fonte du glacier. On peut dire que le réchauffement climatique a précipité l’écroulement de Bondo. D’autres facteurs y ont aussi contribué.

Doit-on comprendre que des événements similaires vont suivre?

Le recul des glaciers et le dégel du permafrost peuvent rendre instables les flancs de montagnes escarpées dans l’espace alpin. La fréquence de tels événements devrait augmenter avec la hausse attendue de la température. Les cantons et les communes doivent évaluer les mesures à prendre pour leur protection, la mise en place de systèmes d’alarme et d’évacuation, des adaptations à apporter dans l’utilisation du territoire. Dans quelques cas, des communes ont déplacé les habitants de bâtiments trop exposés.

Quel est le rôle de l’OFEV dans la prévention des dangers naturels?

L’OFEV soutient les cantons, les régions et les communes. La Confédération finance en partie les systèmes de mesures et d’alerte précoce qui permettent de détecter les mouvements et glissements de terrains dangereux. Et ainsi de garantir la sécurité des personnes et de limiter les dégâts. Plusieurs prototypes sont installés dans le canton du Valais. Comme les effets varient d’une région à l’autre, l’OFEV a aussi élaboré une analyse des risques avec huit cantons afin de cerner les impacts régionaux des changements climatiques.

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