Cette chronique a commencé par un soupçon: les socialistes feraient-ils du sexisme à l'envers? Dans une série d'affiches dévoilée à fin-août, ils montraient d'affreux patrons sous-payant les femmes, laissant entendre que la vilenie économique demeure l'apanage des mâles. C'était le début du blog du Temps sur ses «perles de campagne».

Début de campagne comme un autre, pour une course 2015 qui s'est déroulée sans grands éclats, jusqu'à ce dimanche final. Constat quadriennal: en Suisse, on s'écharpe souvent bien davantage en vue d'une votation que lors des élections générales. Parce que, rappelait-on début octobre, les élections fédérales sont avant tout la juxtaposition de vingt-six scrutins cantonaux...

Au fil des frasques

Routine, donc, mais pas sans éclats ou appréciables décalages. Pendant près de deux mois, Le Temps a proposé ses «perles de campagne», depuis le sexisme à l'envers du PS jusqu'à la nécessité d'une «politique intégrale», où un Dieu à lunettes en plastique note le débat politique.

Il y eut quelques bons moments. Parmi d'autres, le jeune PLR valaisan Philippe Nantermod posant avec marteau et faucille, un cadeau de ses camarades étudiants: «Ils ne pensaient pas à mes talents pour le jardinage et le bricolage», a-t-il commenté. En Valais aussi, les automobilistes ont été frappés par cet amusant détournement du visuel de campagne de Pierre-Alain Grichting, devenu un Chuck Norris apte à muscler les Chambres (pas à air).

Classe unique au PS, parachute au PLR

Songeons aussi aux jeunes socialistes vaudois qui ont réclamé «une classe unique»… à propos de transports publics. Plus scabreux, le dérapage de Christoph Mörgeli qui utilise une photo de bateau chargé de réfugiés albanais des années 1990 pour évoquer l'actuelle crise des migrants.

Revoyons un grand moment de campagne du PLR neuchâteloise, avec saut en parachute et grosse frayeur, l'une des toiles étant partie en torche. Il n'y a pas eu de blessé, et y voir un présage électoral serait de mauvais esprit.

Le douteux chiffre du clip UDC

Parmi les nombreuses frasques dues aux postulants UDC, citons le haut fait collectif du parti lui-même, son clip, avec ce curieux chiffre 88 aux relents néonazis sur le T-shirt d'une bimbo archi-patriote.

Et bien sûr, le pays a suivi le coup de gueule d'un étudiant qui s'est offert une page de «20 Minuten» pour dire la mollesse de la campagne, «qui se joue davantage sur l’argent que sur les idées». Par financement participatif, il est parvenu à ses fins le 14 octobre. Secouant, cette fois, la campagne, à quelques jours de la fin.


Six candidats pendant sept semaines

Une campagne électorale est aussi affaire humaine. Pendant sept semaines, nous avons suivi six jeunes candidats de cantons et partis divers – voir leurs présentations et textes et vidéo ici.

Michaël Dupertuis (Vert’libéraux/VD), Blaise Fasel (PDC/FR), Grégory Logean (UDC/VS), Lisa Mazzone (Verts/GE), Mattea Meyer (PS/ZH), Nicolas Ruedin (PLR/NE) ont répondu, le plus souvent avec une belle franchise, aux questions que l'on se pose à propos d'un moment aussi particulier qu'une campagne électorale.

En vidéo, ils expliquent ainsi l'emprise de la campagne sur la vie personnelle ou familiale, ils précisent leurs budgets de campagne, ou ils abordent la délicate question de l'alcool au long des assemblées et événements de promotion… Dimanche en fin de journée, ils nous écriront leurs sentiments au terme de la grande journée.