Science et politique semblent parfois se côtoyer sans se comprendre. Le projet Franxini se donne pour mission d’améliorer les rapports entre ces deux mondes. Servan Grüninger, 30 ans, président du think tank Reatch, à l’origine de cette idée, a un pied de chaque côté: engagé au PDC, il a étudié la biostatistique et les sciences politiques à Zurich, ainsi que les sciences computationnelles à l’EPFL à Lausanne. «J’aimerais voir plus souvent les scientifiques prendre un rôle de citoyen actif qui reflète de manière autocritique leur rôle dans la société», explique le jeune homme.

La pandémie a révélé les rapports mouvementés entre, d’un côté, des scientifiques qui ne se sentent pas assez écoutés et, de l’autre, des politiciens d’avis que les experts s’expriment trop. Les tensions ont atteint un point culminant fin février, lorsque la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national a tenté de restreindre les interventions publiques de la task force Covid-19. Le Conseil national a fini par rejeter la proposition. Mais cet épisode reste emblématique d’un climat de défiance.