900 cas dénoncés, 2,23 milliards de francs. «Ce double record confirme la tendance observée ces trois dernières années», a communiqué jeudi le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) de l’Office fédéral de la police (fedpol). Au total, 896 communications ont été transmises en 2009, soit 5,3% de plus que l’année précédente. C’est le nombre le plus élevé depuis 1998, début du relevé statistique des communications fournies.

Deux tiers d’entre elles provenaient du secteur bancaire. Viennent ensuite, selon le MROS, les communications concernant le trafic des paiements, dont les sous-catégories «fournisseurs» et «sociétés de transfert de fonds» ne présentent pas la même évolution. Les communications des fournisseurs ont augmenté d’un tiers, celles des sociétés de transfert de fonds ont diminué d’environ 40%. Le taux de transmission aux autorités de poursuite pénale a marqué lui aussi un record avec 89%.

Le record de valeurs patrimoniales communiquées s’explique par plusieurs gros cas. A deux reprises, le soupçon portait sur une escroquerie au placement et une manipulation de cours pour la somme de 725 millions de francs. Deux autres cas portant sur des valeurs de plus de 100 millions sont liés à une escroquerie et à une fraude présumée, a dit le MROS.

Comme les années précédentes, l’escroquerie reste le principal type d’infraction communiquée (37% en 2009). Le financement présumé du terrorisme n’a en revanche donné lieu qu’à sept déclarations de soupçons portant sur un montant total de 9500 francs seulement. Selon le MROS, cette modestie s’inscrit dans la tendance générale selon laquelle le financement du terrorisme opère par le transfert de petites sommes.

Diverses modifications apportées à la loi sur le blanchiment d’argent (telles que l’introduction de l’obligation de communiquer lors de l’abandon de négociations ou le fait que les communications transmises en vertu du droit de communication doivent être adressées exclusivement au Bureau de communication) n’ont pas entraîné d’augmentation sensible des communications. Cette réalité, selon le communiqué du MROS, s’explique par le fait que les banques communiquaient déjà les cas de tentative de blanchiment d’argent sur la base de l’ordonnance et que la plupart des cas transmis en vertu du droit de communication l’étaient déjà volontairement au Bureau de communication.

Haussi similaire au Liechtenstein

Cette hausse des cas de blanchiment d’argent présumé a également été constatée dans le petit pays voisin du Liechtenstein, qui avait été inscrit jusqu’en 2009 sur la liste noire des paradis fiscaux par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans la principauté alpine, les établissements et intermédiaires financiers ont fait état l’année dernière de 235 soupçons de blanchiment d’argent, contre 189 cas en 2008, soit une hausse de 24%.