Le danger d’avalanche ne pouvait être ignoré ce 27 décembre 2009. Le Ministère public estime que les accusés «n'ont pas usé des précautions commandées par les circonstances», écrit-il lundi dans un communiqué. Un avis que partage l'avocat de Télé Anzère contacté lundi.

Les accusés ont délibérément choisi d'ignorer la signalisation de danger placée sur leur itinéraire, indique lundi le Ministère public. Ils ne pouvaient pas ignorer que si une avalanche se déclenchait dans la pente sur laquelle ils se trouvaient, elle pouvait atteindre la piste.

Télé Anzère conteste aussi l'acquittement. En première instance, les trois skieurs avaient été condamnés à des peines pécuniaires avec sursis. L'avocat de l'entreprise s'étonne qu'en appel, le tribunal cantonal reprenne pratiquement le même jugement pour aboutir à une autre conclusion. L'entreprise conteste le fait que le tribunal cantonal ne lui ait pas reconnu la qualité de plaignant.

Pas de négligence

Télé Anzère avait déposé une plainte pénale et réclame 70'000 francs sur le plan civil, requête renvoyée devant la justice civile par le tribunal cantonal. Reconnus coupables d'entrave à la circulation publique par négligence en première instance, les accusés ont fait appel. Ils ont été acquittés par le tribunal cantonal le 14 mars dernier. Les juges cantonaux ont retenu que la piste touchée par l'avalanche avait été sécurisée et ouverte. Le risque que des skieurs hors-piste déclenchent une avalanche le jour en question n'était pas objectivement prévisible. La cour a donc exclu la négligence et acquitté les accusés.

La coulée déclenchée le 27 décembre 2009 avait touché plusieurs personnes évoluant entre contrebas sur une piste de ski balisée de la station d'Anzère. Deux d'entre elles avaient été ensevelies et légèrement blessées. Les trois skieurs hors-piste, dont deux sont médecins, avaient participé aux recherches sur place puis avaient quitté les lieux. Ils avaient été identifiés quelques jours plus tard et dénoncés au juge d'instruction. Les deux skieurs ensevelis n'avaient pas déposé plainte pénale.