Le conflit entre la rédaction de l’ATS et son conseil d’administration se poursuit. Lundi, ce dernier a rompu les négociations en proposant simplement de s’en remettre à une instance de conciliation du Secrétariat à l’économie (Seco).

De son côté, la rédaction s’est déclarée ouverte au principe d’une médiation, à condition que la restructuration en cours soit suspendue durant toute cette procédure. «Il faut éviter que la rédaction se retrouve devant des faits accomplis», a souligné Stephanie Vonarburg, la représentante du syndicat des médias Syndicom. La balle est désormais dans le camp du conseil d’administration, dont la réponse est attendue d’ici au 28 février.

Au début de l’année, l’ATS a annoncé la suppression de 36 postes – sur un total de 150 à plein temps – dans le cadre de sa fusion avec Keystone. Mais c’est une interview du CEO Markus Schwab, déclarant que «l’ATS n’avait de comptes à rendre qu’à ses actionnaires», qui a définitivement mis le feu aux poudres. La rédaction a alors observé dès le 30 janvier une grève de quatre jours.

La rédaction face à «un mur»

Dans l’immédiat, elle n’envisage pas de la reprendre. Elle attend la réaction du conseil d’administration quant à la suspension de la restructuration. Et elle privilégie la piste politique en faisant circuler une pétition adressée à la ministre de la Communication Doris Leuthard pour demander l’intervention de la Confédération dans ce conflit. Ce ne serait pas une première. En 2006, Joseph Deiss avait nommé Rolf Bloch comme médiateur dans le conflit touchant Swissmetal à Reconvilier.

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Si tous ces efforts devaient s’avérer vains, la situation pourrait à nouveau se durcir. Lors d’un point de presse ce jeudi, la rédaction s’est déclarée très déçue de l’attitude des trois délégués du conseil d’administration, Hanspeter Lebrument, Hans Heinrich Coninx et Matthias Hagemann. «Nous avons l’impression de nous trouver face à un mur», a déploré Tina Tuor, membre de la rédaction.

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Il est donc peu probable que le conseil d’administration gèle le processus de restructuration qu’il a entamé. En conséquence, la rédaction se prépare à batailler ferme pour l’extension du plan social de 2,5 à 4 millions. Elle exige d’y inclure des montants de 900 000 francs pour un pont AVS aux 12 personnes de plus de 60 ans, de 500 000 francs pour la caisse de pension et de 300 000 francs pour des mesures d’accompagnement à la reconversion des personnes licenciées.