Politique énergétique

Le référendum contre la réforme de l’énergie se prépare à Fribourg

Lukas Weber s’active en coulisses pour récolter des fonds et des soutiens contre la Stratégie énergétique de Doris Leuthard

Il se nomme Lukas Weber et il prépare discrètement le référendum contre la Stratégie énergétique 2050. Ce bilingue d’origine bâloise vit à Fribourg, où il a fait une partie de ses études. Ingénieur en électricité diplômé de l’EPFZ, il a travaillé pendant deux ans aux Services industriels de Zurich (EWZ). Il est aujourd’hui à la tête de sa propre agence de conseil en communication, Agentur E, et collabore avec l’Institut Libéral. Il n’est membre d’aucun parti politique, mais se dit «libéral conservateur» et a travaillé une année pour le compte de l’UDC.

«Une sécurité d’approvisionnement sûre et bon marché»

Agentur E assure le secrétariat de l’Alliance Energie, un réseau de 3000 personnes que Lukas Weber construit depuis trois ans. Il édite une newsletter pour ses membres, qui sont, selon ses dires, «des leaders d’opinion et des représentants d’associations professionnelles, industrielles, commerciales, énergétiques et bourgeoises qui portent un regard critique sur la sortie du nucléaire et le tournant énergétique». Certains membres du réseau seraient proches des grands groupes propriétaires des centrales nucléaires suisses.

Or, confirme-t-il, l’Alliance Energie va lancer le référendum contre la réforme énergétique dès qu’elle sera sous toit. «Notre souci est de garantir une sécurité d’approvisionnement sûre et bon marché et de maintenir ce qui a fait notre succès pendant cent ans», argumente-t-il. Le Conseil national entame ce lundi l’élimination des dernières divergences. La Stratégie énergétique 2050 passera l’épreuve du vote final du parlement le 30 septembre. La récolte des signatures démarrera le 11 octobre et le délai référendaire courra jusqu’au 19 janvier 2017.

UDC, USAM et scienceindustries sceptiques

Lukas Weber a commencé vendredi à rechercher des soutiens financiers. Jusqu’à maintenant, les organisations économiques sceptiques à l’égard de cette réforme se sont tenues à couvert. Mais ça pourrait changer. L’Union suisse des arts et métiers (USAM) ne prendra position qu’après le vote final. C’est aussi le cas de scienceindustries, la faîtière de la pharma et de la chimie. Elle recommande de rejeter la Stratégie énergétique 2050, car «elle est conçue comme de l’économie planifiée et ne repose pas sur des bases démocratiques suffisantes. Toutefois, notre comité n’a encore pris aucune décision sur le référendum», déclare son porte-parole, Marcel Sennhauser.

L’Action pour une politique énergétique raisonnable en Suisse (AVES) a, elle, décidé de soutenir le référendum en juin déjà. Ce lobby, qui compte dans ses rangs de nombreux UDC ainsi que quelques PLR et PDC, défend une politique d’approvisionnement reposant sur le nucléaire et l’hydraulique. Son président est le président de l’UDC suisse, Albert Rösti. Or, le comité national du parti a aussi décidé de soutenir le référendum. Mais il prendra une décision définitive après le vote final. Son engagement «dépendra du soutien que les associations économiques et les entreprises apportent à la campagne référendaire». En d’autres termes: de l’écho qu’aura reçu Lukas Weber.

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