Armes à feu

Le référendum contre les textes européens sur les armes dépendra de l’UDC

Le lobby des tireurs prépare un référendum contre l’arrêté fédéral sur les armes à feu, qui adapte le droit suisse aux directives de Schengen. Pour monter au front, il ne pourra compter que sur le soutien de l’UDC

Lors des votes finaux de cette session parlementaire automnale, une large majorité du parlement a approuvé l’arrêté fédéral visant à reprendre les directives de Schengen en matière de contrôle des armes. Le lancement d’un référendum a été annoncé une heure après le vote, alors que les sociétés de tir et les milieux politiques hostiles à la réglementation du port d’arme menaçaient de longue date de consulter le peuple si l’arrêté passait la rampe.

Le communiqué de presse de la Communauté d’intérêts du tir suisse (CIT), sous l’égide de laquelle se sont réunies les organisations de tireurs, dénonce une «loi injuste, inutile, liberticide, dangereuse et anti-suisse». A la tête du lobby ProTell, le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) est déterminé à mener campagne. «C’est une atteinte considérable à notre liberté», claironne-t-il, tout en contestant que les mesures soient peu restrictives et en dénonçant un diktat insupportable de l’UE. Il s’attend à ce que l’UDC, qui a voté comme un seul homme au parlement, soutienne de manière similaire le référendum.

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Influence politique en baisse

Malgré le soutien du premier parti de Suisse, les pro-armes se lancent dans une campagne dans des conditions peu favorables. «Leur opposition acharnée à une loi aussi légère peut paraître déraisonnable», estime Rudolf Jaun, professeur d’histoire militaire à l’Université de Zurich et à l’Académie militaire de l’EPFZ. De plus, il rappelle que l’influence politique des sociétés de tirs «s’est considérablement réduite avec la diminution des effectifs de l’armée et du tir obligatoire». Pourtant, l’attachement des campagnes aux traditions pourrait être un allié de poids: au parlement, plusieurs élus démocrates-chrétiens, notamment valaisans, et quelques libéraux-radicaux se sont abstenus.

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Une loi somme toute peu restrictive

L’indignation des sociétés de tirs détonne tant les obligations restent peu nombreuses. La loi ne prévoit pas de registre central, mais veut obliger les tireurs sportifs à obtenir une autorisation attestant d’un entraînement régulier et de régulariser les armes non enregistrées, en exceptant les chasseurs et les armes d’ordonnance.

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L’opposition se fonde dès lors plus sur le principe que sur le fond. «Le lobby des armes lutte contre un renforcement progressif» des dispositions, explique Rudolf Jaun. Enfin, pour l’UDC, s’opposer à toute directive émanant de l’Union européenne correspond à sa ligne pour l’autodétermination, qu’elle défendra en novembre.

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