Couples homosexuels

Le référendum se précise contre l’adoption par les couples homosexuels

Un comité se met en place pour combattre la loi permettant aux couples homosexuels d’adopter. Décision la semaine prochaine

Le Parlement fédéral semble acquis à l’idée d’élargir et d’assouplir le droit de l’adoption. Les couples homosexuels, liés par un partenariat enregistré, ainsi que les couples non mariés y auront dès lors accès. Seul l’enfant d’un des deux conjoints est concerné par cette possibilité. Le Conseil des Etats a accepté ce mardi quelques modifications proposées par le Conseil national et le vote final aura lieu le 17 juin, dernier jour de la session d’été.

Mais un comité référendaire est d’ores et déjà en train de se mettre en place. Il regroupe pour l’instant des membres de l’UDC, du PDC, de l’UDF et de différents mouvements conservateurs ou de défense de la famille traditionnelle. «Toutes les régions linguistiques y seront représentées et nous pouvons compter sur plusieurs élus fédéraux», confirme son coprésident, le Valaisan Jean-Philippe Gay-Fraret, membre de l’UDC. Une réunion a d’ailleurs lieu mardi soir.

Large refus à l'UDC

Le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) en fait partie. «Mon parti ne s’engagera probablement pas dans le lancement du référendum mais il le soutiendra le moment venu», explique-t-il. Car une large majorité d’élus UDC du National a refusé la loi (54 non, 7 oui). Principal argument: un enfant a un père et une mère. Les opposants rappellent également que le droit d’adoption avait été expressément exclu de la loi sur le partenariat enregistré. «Promesse non tenue», estiment-ils.

Au PDC, divisions internes

Le PDC était plus divisé sur le projet présenté (16 oui, 11 non). Parmi les opposants, Yannick Buttet (PDC/VS) hésite encore à s’engager. «Le PDC valaisan pourrait soutenir les référendaires, explique-t-il. En ce qui me concerne, je ne sais pas encore». Le nouveau vice-président du PDC se demande si c’est le bon moment pour réagir. «Indiscutablement, dans les mois qui viennent, les couples homosexuels demanderont de bénéficier également de l’adoption généralisée, comme pour les couples mariés. Stratégiquement, en cas d’échec du référendum contre la présente loi, notre position en serait affaiblie pour se lancer dans ce nouveau combat».

Idem lorsque viendra sur la table la question du mariage pour tous. Cependant, il n’y a pas que l’adoption par les couples homosexuels qui dérange Yannick Buttet dans ce projet de loi. «Permettre aux couples vivant en concubinage de pouvoir adopter l’enfant d’un des deux partenaires me pose davantage de problèmes». Pour le conseiller national, ce statut est trop instable. Il en va également de la défense du mariage, une institution que le PDC entend continuer à soigner. «Et je suis certain que la population suisse sera sensible à cet argument», dit-il.

Nuances chez les évangéliques

Le Parti évangélique suisse n’a pas encore pris position. Au Conseil national, une de ses deux représentantes a voté pour la loi, l’autre contre. «A l’époque, nous avions pris position contre l’adoption généralisée pour les couples homosexuels, mais le projet ne va pas aussi loin», explique Christian Meyer, coordinateur romand du parti. Cependant, comme les opposants, le PEV se demande si l’intérêt de l’enfant est vraiment respecté. «On nous dit qu’il doit primer, mais j’ai l’impression qu’on va surtout tenir compte des souhaits des adoptants», estime-t-il.

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