Exit Score, voici G’Evolue, le nouveau projet de réforme du système d’évaluation et de rémunération des fonctionnaires genevois. Un an après l’abandon de Score, sur lequel les ministres successifs se sont cassé les dents durant une décennie, le gouvernement remet l’ouvrage sur le métier. Echaudés par l’échec cuisant de Score, un «projet mort-né» qui a tout de même coûté 79 millions de francs, les syndicats affirment désormais aborder la négociation dans un esprit «constructif». Malgré leurs divergences, les deux camps s’accordent d’ailleurs sur un constat: la grille actuelle, qui date des années 1970, doit être revue, certaines fonctions ayant profondément évolué, d’autres carrément disparu.

Processus participatif

Le nouveau projet entend ainsi «moderniser les critères d’évaluation des fonctions et les adapter au monde du travail d’aujourd’hui» dans un état d’esprit apaisé. Au cœur des enjeux: «La transparence, l’équité entre les fonctions, l’égalité entre femmes et hommes ou encore la prise en compte des nouvelles compétences et des nouveaux métiers.» Manque de concertation, opacité, extrême complexité du système: Score a souffert de nombreuses erreurs de conception. Aujourd’hui, le gouvernement semble déterminé à ne pas les reproduire. «Ayant retenu les leçons de l’échec de Score, le Conseil d’Etat entend mener les négociations de nature politique en amont du projet, puis poursuivre avec les travaux d’élaboration du nouveau système de rémunération et d’évaluation au sein d’une commission paritaire», précise la cheffe des Finances et des ressources humaines, Nathalie Fontanet, dans un communiqué.

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Le traumatisme de Score

De leur côté, les partenaires sociaux saluent une entrée en matière positive. «La feuille de route nous a été présentée, en primeur, mardi soir», souligne Olivier Baud, président du Cartel intersyndical, qui précise que la faîtière va convoquer ses instances pour définir précisément ses attentes et ses objectifs. Les demandes de revalorisation pendantes depuis l’abandon de Score, notamment dans le domaine de la santé, restent d’ores et déjà valables. Alors que la première phase consacrée aux négociations politiques va démarrer dans les semaines à venir, Olivier Baud se dit déterminé à faire aboutir ce nouveau projet. «Ces dix dernières années, beaucoup de temps, d’argent et d’énergie ont été dépensés à perte, des deux côtés, rappelle-t-il. Personne n’a envie de voir le scénario se répéter.»