Cent huit voix contre 63: le résultat est sans appel. La réforme de l’armée est morte. La proposition de la conférence de conciliation a échoué mercredi matin au Conseil national. Motif: le camp rose-vert et l’UDC rejettent la possibilité d’effectuer des cours de répétition à l’étranger, possibilité défendue depuis le début par le Conseil des Etats, mais qui n’a obtenu aucune majorité au Conseil national.

Les deux Chambres n’étant pas parvenues à se mettre d’accord, il a fallu convoquer une conférence de conciliation, composée de treize membres de chacun des deux conseils. Cet organe parlementaire a opté pour la solution du Conseil des Etats. Il était donc d’accord de prévoir, dans la loi sur l’armée, la possibilité d’obliger les soldats suisses à aller effectuer des cours de répétition à l’extérieur des frontières nationales, pour autant que de tels cours ne soient pas possibles en Suisse. La conférence savait alors qu’elle prenait le risque de faire échouer l’ensemble de la loi. Et c’est ce qui s’est produit.

Pour des raisons différentes, l’UDC, le Parti socialiste et les Verts ne voulaient pas de cette solution extraterritoriale. L’ensemble de la loi passe ainsi à la trappe, y compris les aspects qui concernent la réorganisation de l’administration militaire, la durée des engagements et les opérations de maintien de la paix. Un échec pour Ueli Maurer, nouveau chef de la Défense? Non. C’est un échec pour son prédécesseur, Samuel Schmid, qui avait proposé au parlement d’autoriser les cours de répétition à l’étranger.

Quant à Ueli Maurer, il aura la tâche de tout reprendre à zéro, ce qui ne le dérange sans doute pas. Son parti étant fermement opposé aux engagements militaires à l’étranger sous toute forme que ce soit, il devra présenter un nouveau projet. La question est désormais de savoir ce qu’il sera prêt à faire pour les engagements existants, notamment les opérations de maintien de la paix.