La réforme de l’asile se poursuit à Zurich

Requérants Pas de révolte contre un centre fédéral à Embrach. L’Argovie, elle, se déchire

Le président de l’UDC, Toni Brunner, a appelé samedi toutes les sections à la résistance active contre l’ouverture de nouveaux centres de requérants d’asile en Suisse. La révolte se propage-t-elle? Pas dans tous les villages… Les cantons de Zurich et d’Argovie offraient à cet égard deux scènes contrastées, ce mardi.

D’un côté, le canton de Zurich et le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) annonçaient l’ouverture d’un nouveau centre fédéral de procédure accélérée à Embrach, derrière l’aéroport de Kloten. La commune zurichoise avait participé elle-même aux négociations et le maire, Erhard Büchi, était présent mardi devant les médias pour vanter cette décision qui «garantit au mieux la sécurité de la population». Le Parti socialiste zurichois saluait la nouvelle, tandis qu’aucun politicien UDC interrogé ne comptait opposer de résistance à ce centre qui remplacera une structure existante.

A l’inverse, le canton d’Argovie entrait mardi dans un bras de fer politique et juridique avec la commune de Menziken. Le Département des affaires sociales annonçait, par voie de communiqué, que 15 requérants d’asile seraient logés dès mardi dans l’ancien restaurant Sternen, contre la volonté de la commune, qui exigeait une demande de changement d’affectation.

La maire de Menziken, Annette Heuberger, a dénoncé sur les ondes de la radio alémanique une «action illégale du canton». La municipalité pourrait suivre l’exemple d’Aarburg, qui a décidé de porter plainte devant le Tribunal fédéral contre le canton d’Argovie, après s’être vu imposer 90 nouveaux requérants.

Pourquoi un tel contraste? La commune d’Embrach accueille déjà un centre cantonal de transit, logeant 380 requérants. Le canton de Zurich et le SEM ont donc misé sur la solution la moins controversée pour ouvrir le deuxième centre fédéral de procédure accélérée du canton, requis par la nouvelle réforme de l’asile.

Il remplacera simplement l’ancien centre cantonal dès 2016, pour y loger des requérants dont la demande aura été refusée. «Ce sera leur dernière maison avant de quitter le pays», a souligné le conseiller d’Etat Mario Fehr (PS).

«Pas de résistance systématique»

Contrairement au centre actuel, les requérants n’auront pas l’autorisation de sortir la nuit. Une société de sécurité privée sera présente 24 heures sur 24 et les autorités fédérales prendront en charge tous les coûts, précisent-elles.

«Le lieu est assez isolé, en dehors du village. Il n’y a pas, dans ce cas, de raison de s’opposer puisque la commune est d’accord», admet le conseiller national UDC Hans Fehr, qui habite la commune voisine d’Eglisau. Il ne manque pourtant pas de fustiger la réforme de l’asile voulue par le Conseil fédéral.

«On ne va pas faire de la résistance systématique. Je trouve l’injonction de Toni Brunner dangereuse», critique quant à lui le député UDC Claudio Zanetti. «Je suis pour une ligne stricte mais pas pour une ligne irresponsable», précise le Zurichois, qui s’affiche également comme un détracteur de la politique de Simonetta Sommaruga.

L’annonce ce printemps de l’ouverture d’un premier centre de procédure accélérée au cœur de Zurich, à côté du centre pilote, pour 360 requérants, avait été nettement moins bien reçue par la droite conservatrice.