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Ignazio Cassis et Isabelle Moret dans la salle du Conseil national, en mars dernier.
© ALESSANDRO DELLA VALLE / Keystone

Élection

Réforme de l'AVS: chez les opposants, c'est la débandade

En course pour la succession de Didier Burkhalter, Isabelle Moret ne sera plus en première ligne pour combattre la réforme de la prévoyance vieillesse, pas plus qu’Ignazio Cassis. Le camp des opposants se trouve nettement affaibli

La course au Conseil fédéral est en train d’étouffer le débat sur la réforme de la prévoyance vieillesse, un projet pourtant qualifié de majeur pour la législature. Parce qu’elle occupe les esprits et les moyens dans le camp du PLR, qui ne sait plus où donner de la tête. Et parce qu’elle détourne aussi de la campagne ses principaux opposants. Ainsi, après celle d’Ignazio Cassis, l’annonce de la candidature de la Vaudoise Isabelle Moret au Conseil fédéral marque la fin de son engagement en vue de la votation populaire du 24 septembre.

Le positionnement du PLR ne tient pas à des personnes mais à des arguments

Philippe Nantermod, vice-président du PLR

Le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) l’avoue, en sa qualité de vice-président du parti, il va reprendre le flambeau. Il a même fait appel à un coach pour s’exercer le soir à débattre «à blanc». «Je me prépare activement pour cette campagne, étant donné que les autres ne vont plus le faire», admet-il.

«J’ai toujours défendu mes idées. Je trouve que le projet que j’ai défendu au Conseil national était plus favorable aux seniors de plus de 50 ans, aux femmes et à la jeune génération. Concrètement, la campagne pour le Conseil fédéral se déroule en même temps que celle de la votation du 24 septembre. Du point de vue de la disponibilité, je ne pourrai pas faire les deux choses en même temps. Mais je serai très bien remplacée par Olivier Feller, Benoît Genecand et Philippe Nantermod», explique Isabelle Moret au Temps.

Lire aussi: Isabelle Moret: «Etre une femme n’est pas un argument politique»

Le plan B du PLR

A quelques semaines d’intervalle, le ministre Alain Berset a ainsi perdu deux adversaires de taille, qui ont ferraillé dur contre son projet au parlement. Philippe Nantermod confirme que son agenda se remplit à vue d’œil et qu’il sillonnera la Suisse romande pour combattre la réforme. «Le positionnement du PLR ne tient pas à des personnes mais à des arguments», assure-t-il.

Le Vaudois Olivier Feller se dit également prêt à prendre le relais. «Un politicien doit aussi être un généraliste. Et j’étais déjà au côté d’Isabelle Moret pour défendre notre position devant la section cantonale du PLR», explique-t-il. Il a ainsi déjà trouvé son slogan: «Non à ce projet à la sauce Hollande plutôt qu’à la manière Macron». Il rappelle que les finances de l’AVS sont dans le rouge et doivent être assainies. «Or, qu’a fait le parlement? Certes, il prévoit d’augmenter les recettes. Mais il augmente aussi les rentes. C’est du jamais vu dans un projet de ce genre!» Pour le parlementaire, il en va également de l’avenir de l’ensemble des assurances sociales helvétiques: l’assurance invalidité affiche toujours un déficit de 11 milliards de francs, l’assurance chômage de 3 milliards de francs, l’assurance perte de gain est sur la mauvaise pente et les subsides à l’assurance maladie ne cessent d’augmenter, énumère-t-il.


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La débandade

Il n’en demeure pas moins que les défections d’Ignazio Cassis et d’Isabelle Moret s’ajoutent à d’autres éléments perturbateurs de la campagne. L’UDC, qui a également voté contre la réforme au parlement, ne fait pas une priorité de cette votation. Son assemblée des délégués ne se prononcera que le 26 août. Les milieux économiques ne tirent pas tous à la même corde. Si economiesuisse, l’Union patronale suisse et l’Union suisse des arts et métiers prônent le non, les principales organisations romandes sont d’un avis contraire. Actuellement en Chine, le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR), par ailleurs président de l’USAM, assure qu’il jouera son rôle, sans plus. «C’est le PLR qui a le lead de la campagne», rappelle-t-il.

Dès la fin des vacances estivales, le pays devrait se couvrir de 10 000 affiches contre la réforme, explique Matthias Leitner, chef des campagnes du PLR. Pour le reste, les moyens financiers sont limités. Sans vouloir articuler un chiffre précis, il avoue que le parti n’investira pas autant que pour la votation sur la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III). Un comité d’opposition a déjà été constitué, répondant à l’abstrait nom d’Alliance des générations, dont les arguments seront présentés le 17 août en conférence de presse. Restera un mois pour mener la campagne.

Consulter notre dossier sur la succession Burkhalter.

«Bon pour nous»

Autant dire que les partisans de la réforme, le conseiller fédéral Alain Berset en tête, se réjouissent secrètement de ce calendrier. Le conseiller national Cédric Wermuth (PS/AG) le note: «Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Le PLR semble avoir un problème de ressources, ce qui est bon pour notre propre dynamique.» Et avec la disparition des écrans radars d’Isabelle Moret, l’Argovien note que c’est une figure conciliante qui ne fera pas campagne. Mais il se retient cependant de parader. Surtout qu’en Suisse alémanique, d’autres adversaires piaffent… Et si Isabelle Moret n’est pas retenue sur le ticket PLR, elle pourra toujours se lancer dans le sprint final contre la réforme… Maigre consolation.

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