Election des conseillers fédéraux par le peuple ou sur une liste bloquée, gouvernement à neuf membres, renforcement de la présidence avec un mandat de quatre ans, augmentation du nombre de secrétaires d’Etat: les propositions de réforme du Conseil fédéral ne manquent pas. Même si, contrairement à l’ébullition intellectuelle suscitée dans les années 90 par les projets des conseillers aux Etats Gilles Petitpierre et René Rhinow, les partis semblent plutôt détachés ou sceptiques sur les chances d’un renforcement de la conduite politique. Petit tour des partis.

L’UDC ne voit pas la nécessité de changer le système. Selon le parti de Christoph Blocher, ce sont les conseillers fédéraux eux-mêmes qui sont responsables du manque d’anticipation et de la perte de confiance du peuple. D’où son initiative pour faire élire le Conseil fédéral par le peuple. Un système complexe devrait assurer l’élection d’au moins deux représentants des minorités linguistiques. La récolte de signatures vient de commencer.

Curieusement, l’idée d’une élection par le peuple a été souvent agitée par la gauche. Même le Vaudois Pierre-Yves Maillard en avait fait la proposition.

Le Parti libéral-radical veut des avancées concrètes, mais limitées pour ne pas bouleverser le système de concordance. On ne touche pas au nombre de conseillers fédéraux. Il préconise un président de la Confédération pour deux ans, mais rééligible, avec des pouvoirs renforcés, notamment un droit d’injonction; davantage de secrétaires d’Etat aussi.

Les Verts, qui souhaitent entrer au Conseil fédéral, proposent un collège à neuf membres, avec un président élu pour quatre ans.

Le PS est jusqu’ici resté très en retrait sur la réforme de la conduite de l’Etat, malgré l’engagement du conseiller national Andreas Gross, spécialiste des questions de démocratie. Ce n’est pas l’une des priorités de la gauche. On attend toujours son papier de position.

De même pour le PDC, qui veut privilégier des solutions simples et devrait se ranger derrière les propositions de «sa» conseillère fédérale, Doris Leuthard.

Des voix individuelles, comme la radicale Christa Markwalder, le socialiste Roger Nordmann, le radical Hugues Hiltpold ou le Vert Antonio Hodgers, ont développé l’idée d’une élection du Conseil fédéral sur une liste bloquée. Ce système renforcerait la cohésion des ministres, dont les partis devraient s’entendre auparavant sur un programme minimum.

Chacune des listes devrait comporter sept noms éligibles dont au moins deux des minorités linguistiques. Au premier tour, la majorité absolue est requise. Au second tour, seules les deux listes ayant obtenu le plus de voix devraient être autorisées à s’affronter. Elles peuvent être recomposées avec trois personnes provenant des listes éliminées.